La commune de Quelaines-Saint-Gault en Mayenne a fait la une de la presse nationale suite à la décision du maire de détruire (il parle de « déconstruire ») l’église de Saint-Gault. Grâce à l’intervention de l’association de défense du patrimoine Urgences Patrimoine le tribunal administratif avait suspendu l’arrêté municipal. La municipalité prétextait le prétendu coût des travaux de rénovation tout en refusant la vente de l’église malgré au moins 2 acheteurs sérieux et motivés. Lors des cérémonies du 8 mai nous avons pu constater une autre réalité, celle du mépris du patrimoine et de la mémoire pour l’ancienne commune de Saint-Gault. Ainsi si le monument aux morts de Quelaines est bien entretenu, celui de Saint-Gault verdâtre est en état d’abandon avec les noms des « enfants de Saint-Gault morts pour la France » illisibles.
Alexandra Sobczak, présidente d’Urgences Patrimoine, nous donne les dernières nouvelles de l’église de Saint-Gault.
« De la mort à la résurrection du Christ», ensemble sculpté de Solesmes, édifié vers 1494 après les passages de Charles VIII qui y avait tenu trois Grands Conseils. Un projet de déplacement à la cathédrale du Mans suscita une polémique d’ampleur nationale qui obligea Napoléon, depuis Vilnius, à prendre un décret de maintien du monument dans l’église abbatiale.
À la Pentecôte, les pèlerins de Chartres cheminent sur les routes de la Beauce à la rencontre du Seigneur. Certains en reviendront bouleversés comme Charles Peguy qui en 1912 écrivit à un ami à son retour pour lui faire part de sa conversion alors qu’il avait entrepris son pèlerinage dans le désespoir de son fils malade : « Mon vieux, j’ai senti que c’était grave… J’ai fait un pèlerinage à Chartres… J’ai fait 144 km en trois jours… On voit le clocher de Chartres à 17 km sur la plaine… Dès que je l’ai vu, ça a été une extase. Je ne sentais plus rien, ni la fatigue, ni mes pieds. Toutes mes impuretés sont tombées d’un seul coup, j’étais un autre homme. J’ai prié une heure dans la cathédrale le samedi soir; j’ai prié une heure le dimanche matin avant la grand-messe… J’ai prié comme je n’avais jamais prié, j’ai pu prier pour mes ennemis… Mon gosse est sauvé, je les ai donnés tous trois à Notre-Dame. Moi, je ne peux pas m’occuper de tout… Mes petits ne sont pas baptisés. A la Sainte Vierge de s’en occuper. »
C’est aussi à Chartres qu’au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale l’abbé Franz Stock devient le Supérieur du « Séminaire des barbelés », un camp de prisonniers rassemblant l’ensemble des séminaristes allemands, une initiative française afin d’aider l’Allemagne à se relever spirituellement des années noires. Pendant la guerre il avait été l’aumônier des prisons allemandes, surveillé par la Gestapo, il avait accompagné les condamnés à mort. « C’est l’amour du Christ, écrit le père René Closset, qui par lui va pénétrer dans les prisons pour aller fortifier, aider, soutenir ceux qui voudront bien l’accueillir. » Honoré Estienne d’Orves, légitimiste, descendant des chefs vendéens Charles d’Autichamp et Constant de Suzannet, sera le premier résistant français à être fusillé. Le 28 août 1941, la veille de son exécution il écrit à l’abbé une lettre « Je vous remercie du fond du coeur de ce que vous avez fait pour moi. J’ai vu en vous le prêtre qui pouvait m’apporter le Bon Dieu et ainsi le secours dont j’avais besoin. Je prie le Bon Dieu de donner à la France et à l’Allemagne une paix dans la justice, comportant le rétablissement de la grandeur de mon pays. Et aussi, que nos gouvernants fassent à Dieu la place qui lui revient. »
La France a aussi connu ses heures sombres durant la Révolution française. Les églises fermées sont profanées pendant que les religieux n’ont d’autre choix que la clandestinité, l’exil ou le sang des martyrs. Il faudra attendre la Restauration monarchique pour que les cloches des abbayes puissent, à nouveau, résonner au dessus des villes et des campagnes. En 1815, les moines reviennent à l’abbaye Notre-Dame du Port-du-Salut (Entrammes) et à l’abbaye d’Aiguebelle, en 1816 à l’abbaye de Bellefontaine, et c’est en 1833 que Dom Guéranger restaure la vie monastique à Solesmes après avoir racheté le prieuré grâce à « l’aide et l’amitié de Mme Swetchine, une célèbre convertie d’origine russe, qui se fit l’avocate du projet auprès de toute une élite catholique qui fréquente son salon parisien, et, pour les besoins de la cause, lance une souscription. Chateaubriand offrit 40 francs en qualité de « bénédiction honoraire » comme le rappelle Dom Thierry Barbeau (Dossier Dom Guéranger, restaurateur des bénédictins, liturgiste visionnaire…et saint, La Nef, octobre 2025).
Dom Delatte, dans sa Vie de Dom Guéranger, évoque la joie naïve du jeune abbé lorsque, en vue d’obtenir les Cendres du Carême 1834, on brûle à Solesmes les rameaux bénits de 1790 demeurés dans la sacristie depuis le départ des Mauristes, humble trait d’union enjambant le chaos. Comme le saint Curé d’Ars qui fait sa première communion dans une grange où la messe est célébrée clandestinement par un prêtre réfractaire, Dom Guéranger, né en 1805 à Sablé, est éduqué dans le souvenir de la vie héroïque des prêtres réfractaires. On lui raconte qu’en 1791, le prieuré est vendu à un particulier qui demeure à Saint-Germain-en-Laye. Officiellement vide, de nombreux prêtres réfractaires s’y cachent le jour pendant que la nuit ils parcourent la campagne pour y exercer leur ministère. L’abbé Glatier, vicaire à Précigné, est arrêté dans une ferme près de Sablé et fusillé à Tours. Le 14 juillet 1794, pour la « Bastille Day », on organise une fête civique, les enfants des écoles utilisent les précieuses archives pour alimenter leur feu de joie.
Au sortir de l’époque révolutionnaire, Dom Guéranger souhaite donner un souffle nouveau à la vie de l’Église et œuvre à la restauration de la liturgie romaine. Comme le précise Dom Thierry Barbeau la liturgie est, aux yeux de l’abbé de Solesmes « le principal instrument » de la Tradition et, en ce sens, le lieu théologique par excellence de la théologie de l’Église. À peine Dom Guéranger, le restaurateur, est-il retourné à la maison du Père que les heures sombres s’abattent, à nouveau, sur la France chrétienne. Thierry Barbeau, prieur et historien souligne : « en 1879 la « République des Républicains » parvient au pouvoir. La politique ouvertement anticléricale de Gambetta et Jules Ferry s’en prit aux congrégations religieuses et visa à exclure leurs membres de la société, en expulsant les religieux de leurs couvents. C’est ainsi que le 6 novembre 1880 les moines de Solesmes sont ni plus ni moins mis à la porte de chez eux par les forces de l’ordre. Après quelques années de répit, la loi du 1er juillet 1901 contre les congrégations contraignit les moines à l’exil en Angleterre pour ne revenir qu’en 1922.«
Samedi dernier Cnews a rediffusé l’émission « Les belles figures de l’histoire : Monseigneur von Galen, un évêque contre Hitler ». Par ses sermons le « Lion de Münster » devint le principal opposant de l’Église catholique au IIIe Reich. Il dénonça, entre autres, l’euthanasie des handicapés : « C’est une doctrine effrayante que celle qui cherche à justifier le meurtre d’innocents, qui autorise l’extermination de ceux qui ne sont plus capables de travailler, les infirmes, de ceux qui ont sombré dans la sénilité… N’a-t-on le droit de vivre qu’aussi longtemps que nous sommes productifs ? »
À 14:14 on découvre l’entretien de notre ami Henri Peter sur le mouvement de résistance chrétienne de La Rose Blanche au National-Socialisme. Sur leurs tracts on pouvait lire : « Rien n’est plus indigne pour un peuple civilisé que de se laisser gouverner par l’instinct dépravé d’une clique de maîtres irresponsables… » »Aussi il faut que chacun prenne conscience de sa responsabilité comme membre de la civilisation occidentale chrétienne et qu’en cette dernière heure il se défende autant qu’il le peut contre ce fléau de l’humanité, le fascisme…faites de la résistance passive pour empêcher cette machine de guerre athée. » L’une des hypothèses de l’origine du nom de La Rose Blanche serait un souvenir de la Révolution française, quand les nobles royalistes exilés en Allemagne auraient cousu sur leurs fanions une rose blanche comme symbole de pureté pour leur combat. (peut-être une réminiscence de la cocarde blanche).
Un collectif composé du département de la Vendée, de l’association des amis de la Chabotterie, de la Vendée Historique à Cheval, du Cercle Charette, du Souvenir Vendéen et du Jubilé de la Vendée ont rendu hommage à Charette par une conférence d’Hélène Becquet « Louis XVII, un règne brisé» et une cérémonie à la Croix de Charette.
Guy et Emilie Rousseau, transporteurs à Vix (Vendée) participent aux Grands Prix de Camions avec un bolide arborant des scènes de La Guerre de Vendée : « Notre but est de faire découvrir notre histoire et sensibiliser le public à cette période historique souvent méconnue. Dans les différents rassemblements de camions, ce camion peut devenir un moyen de communication visuelle et de commémoration« .
Le roi Charles III et la reine Camilla viennent d’effectuer une visite d’État aux États-Unis pour marquer le 250e anniversaire de la Déclaration d’indépendance et célébrer les liens étroits entre les deux nations.
Lors du dîner d’État, le président Trump a porté un toast à l’amitié indéfectible entre les deux nations : « Aujourd’hui, la plupart des anciennes colonies britanniques ignorent tout de leur dette envers ce formidable héritage de droit, de liberté et de coutumes britanniques qui leur a été légué… Ce soir, à la veille du 250e anniversaire de notre chère indépendance, nous nous tournons vers l’incarnation souveraine de notre patrimoine britannique et disons sincèrement : merci à nos amis, le Royaume-Uni, pour le plus riche héritage qu’une nation ait jamais offert à une autre. Puisse nos deux pays rester unis à jamais – pour la liberté, pour la justice et pour la gloire de Dieu.« Charles III a offert au président des État-Unis la cloche du sous-marin HMS Trump qui joua un rôle crucial durant la guerre du Pacifique. Dans son discours le roi a voulu faire de l’humour en affirmant : « Vous avez récemment déclaré, Monsieur le président, que sans les États-Unis les pays européens parleraient allemand. Puis-je me permettre de dire que sans nous vous parleriez français ». La déclaration est sujet à controverse et rappelle au contraire le passé peu glorieux de l’Angleterre.
On doit la présence française en Amérique du Nord à des navigateurs audacieux arrivés au XVIe siècle après les Espagnols mais avant les Britanniques et les Hollandais. En 1999, Philippe Bonnichon, professeur à la Sorbonne, rappelait : « Les Français se sont taillés un empire immense qu’ils n’ont pas colonisé. Le grand atout de la France jusqu’à la Révolution est d’avoir la population la plus nombreuse d’Europe. La forte population fournit la matière imposable et les soldats dans les guerres. Il convient donc de conserver cet atout, d’exporter le moins d’émigrants possibles en Amérique, d’y convertir plutôt les indigènes et de pratiquer, entre eux et les colons, une politique d’intégration. On dote les colons qui épousent des Indiennes converties. La prépondérance française est en Europe. Le grand commerce maritime peut donner la prospérité, mais pas les charges d’un empire, difficile à défendre, en butte aux incursions des puissances maritimes adverses et où la « gloire » aurait plus à perdre qu’à gagner. »
En 1713 les traités de paix d’Utrecht sont signés entre la France, la Grande-Bretagne et l’Espagne. Philippe V, duc d’Anjou, petit-fils de Louis XIV est reconnu comme roi d’Espagne mais en contrepartie la France doit abandonner son soutien à Jacques II, dernier roi catholique exilé chez son cousin à Saint-Germain-en-Laye. À la suite de la Glorieuse Révolution, le parlement avait voté la Charte des droits (Bill of Rights 1689) qui écartait le roi légitime en intégrant une disposition interdisant aux catholiques d’accéder au trône. De même la France doit céder l’Acadie à la Grande-Bretagne. Rebaptisée « la Nouvelle-Ecosse », une politique d’anglicisation est décidée. La région, catholique et francophone, subit la déportation massive : « Il nous semble que les Français de la Nouvelle-Écosse ne seront jamais de bons sujets de Sa Majesté… C’est pourquoi nous pensons qu’ils devront être expulsés aussitôt que les forces que nous avons dessein de vous envoyer seront arrivées en Nouvelle-Écosse. » Des rafles sont organisées le dimanche matin autour des églises acadiennes, les maisons et les cultures sont brûlées. Un officier britannique ayant reçu l’ordre de déportation répondra pour sa défense : « Il ne m’appartient pas de critiquer les ordres que je reçois, mais de m’y conformer ». Certains s’enfuient dans les forêts et deviennent pour les uns des résistants et pour les autres des rebelles, il en est ainsi de Joseph Beausoleil Brossard. Il survivra et aura une descendance dont l’une est aujourd’hui mondialement connue sous le nom de Beyoncé. Alors que la déportation des Acadiens s’étale de 1755 à 1763 en Suisse Voltaire ne témoigne d’aucune empathie, bien au contraire dans une lettre faisant référence au tremblement de terre qui a détruit Lisbonne il écrit : « La guerre est donc sérieuse. Je voudrais que le tremblement de terre eût englouti cette misérable Acadie plutôt que Lisbonne et Méquines. » et dans Candide on peut lire : « Vous savez que ces deux nations sont en guerre pour quelques arpents de neige. »
Georges Clémenceau disait « Qu’est-ce que l’Angleterre ? une colonie française qui a mal tourné ! L’anglais !ce n’est jamais que du français mal prononcé ! » En effet, pendant trois siècles les Normands (1066-1154) et la Maison angevine des Plantagenêts (1154-1399) ont régné sur l’île des trois Léopards d’or. L’année prochaine, le duc de Normandie traversera-t-il le « Channel » pour venir à Falaise fêter le millénaire de la naissance de Guillaume le Conquérant comme « au bon vieux temps » lorsque le roi d’Angleterre, vassal, venait faire son « hommage lige » au roi de France, son suzerain ? Aujourd’hui le Royaume-Uni garde en souvenir de son « colonisateur » sa langue civilisatrice inscrivant sur ses armoiries royales sa devise en français “Dieu et mon droit” associée à celle de l’Ordre de chevalerie de la Jarretière “Honi soit qui mal y pense”
God save the King ! … là encore traduction anglaise de « Grand Dieu sauve le Roy » l’hymne original composé par Jean-Baptiste Lully.
Nicolas Chotard, Président des Lys de France Trésorier de la Chouannerie du Maine
Pour en savoir plus, voici deux vidéos :
La Déportation des Acadiens (le Grand dérangement)