L'art de vivre à la Française

Mois : juillet 2024

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Edith Piaf

       Alors que pour le départ de la flamme olympique la Grèce avait choisi Nana Mouskouri, en France, une rumeur avait plané sur la participation d’Aya Nakamura pour interpréter une chanson d’Edith Piaf lors la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques de Paris. Soixante ans après son rappel à Dieu, « la Môme » demeure notre plus grande chanteuse populaire, ses œuvres lui ont survécu, son secret : son talent et sa foi ardente, elle qui disait : « Si un jour je perdais la foi, je ne pourrais plus chanter. »

         Aveugle à 4 ans, sa grand-mère paternelle, de profession « pas très catholique », mais brave personne, la conduisit en pèlerinage à Lisieux et miraculeusement elle retrouva la vue. Sainte-Thérèse sera sa protectrice durant toute sa vie, toute sa carrière « Ma petite robe de scène, c’est comme le voile noir de sainte Thérèse » disait-elle. Son habilleuse était témoin de sa dévotion Thérésienne « Elle priait sa petite Thérèse dans les périodes misérables et aux époques d’abondance«  le regard tourné vers le Ciel elle gardait l’espérance malgré les épreuves. Discrète dans ses œuvres de charité, elle vint en aide aux plus pauvres, sauva un prêtre du suicide et finança la restauration d’une église délabrée.

      « Piaf ne chantait pas, elle devenait son chant. Une incantation, entre Ciel et Terre […]. Dans les strates de cette voix magique se trouve la foi d’Édith… » Pierre Fesquet, auteur d’un émouvant Piaf, un cri vers Dieu, a accordé un entretien à France catholique :  

Chez Édith Piaf, la foi et la voix sont indissociables, portées par une immense dévotion à sainte Thérèse. Comment l’expliquer ?

Pierre Fesquet : Édith Piaf souffrait d’une grave maladie oculaire qui l’avait rendue presque aveugle. Abandonnée par sa mère à 3 ans, elle est recueillie par son père qui la confie alors à sa grand-mère, Louise Gassion. Celle-ci tient une maison de rendez-vous, autrement dit une maison close, à Bernay, en Normandie, à 30 km de Lisieux. Édith est née en 1915, dix-huit ans après la mort de la petite Thérèse qui n’est pas encore canonisée mais dont la réputation est déjà impressionnante. La grand-mère Gassion et ses « filles » ont l’habitude de prier la carmélite et ont entendu dire qu’une fille aveugle, Reine Fauquet, avait été guérie de sa cécité après avoir fait un pèlerinage sur la tombe de Thérèse. C’est ainsi que, le 19 août 1921, la patronne et ses dames accompagnent l’enfant dans le cimetière du carmel après avoir assisté à la messe. Quelques jours plus tard, Édith, alors âgée de 6 ans, voit ! Le miracle sera attesté par l’ophtalmologiste qui la suivait. Toute la maisonnée partira le lendemain à Lisieux pour un pèlerinage d’action de grâce et le père d’Édith, Louis Gassion, passera autour du cou de sa fille une chaîne avec une médaille de la future sainte en lui murmurant : « Elle te protégera toujours. » Non seulement Édith gardera pour elle une reconnaissance pleine de la joie de la vue retrouvée mais elle tissera, en plus, un lien presque charnel. À 10 ans, alors qu’elle est sur les routes avec son père contorsionniste, elle décide de fuguer pour aller retrouver Thérèse qui vient d’être canonisée à Rome ! Elle grimpe dans un train pour gagner Bernay, où elle supplie sa grand-mère de l’emmener à Lisieux. À la librairie du carmel, elle découvrira alors la voie d’enfance spirituelle proposée par la carmélite à travers Les annales de sainte Thérèse de Lisieux et elle y sera fidèle toute sa vie.

Peut-on dire que sainte Thérèse a eu une influence sur sa carrière de chanteuse ? Absolument. Lorsqu’Édith retourne à Lisieux en 1925, elle prie devant la châsse de la sainte et sa grand-mère lui raconte la procession d’action de grâce qui eut lieu à Lisieux pour la canonisation de Thérèse. Cette description fait rêver l’enfant et Piaf avouera plus tard : « Ce jour-là, j’ai compris ce qu’était la vraie gloire. Ce qui m’a évité par la suite de croire en la mienne. » Dans sa loge d’artiste, Édith avait toujours une statue et une photo de la sainte et elle embrassait sa médaille avant d’entrer sur scène. Sa silhouette frêle engoncée dans une petite robe, elle portait toujours du noir pour « imiter le voile de sainte Thérèse ». Devenue la grande Piaf, elle comparera souvent sa vocation à celle de la carmélite en confiant : « Une scène c’est un champ clos, une arène. Il faut combattre, il faut gagner. Comme Thérèse l’a fait. C’était une pêcheuse d’âmes. Moi aussi je vais les pêcher. Mais il faut avoir Dieu avec soi. »

À quoi ressemblait la foi d’Édith ? Édith s’abîmait dans la prière, elle aimait se ressourcer à la basilique Notre-Dame-des-Victoires, à Paris, où sainte Thérèse était venue demander des grâces, mais sa foi était aussi en action et en charité. À Strasbourg, alors qu’elle est attendue au sommet de sa gloire, un clochard se dresse sur son chemin et lui demande du travail. Aussitôt, elle l’emmène à une réception à l’Hôtel de Ville et le confie au maire qui lui trouvera un emploi de jardinier.

                                                             Nicolas Chotard,

                                                         Président des Lys de France

                                                       

Dans la basilique de Notre-Dame des Victoires, le sarcophage de Jean-Baptiste Lully surplombe la chapelle Sainte-Thérèse où Edith Piaf venait prier

Alors que le domaine de Versailles s’apprête à recevoir les épreuves équestres des Jeux Olympiques de Paris 2024, le Château consacre une grande exposition au cheval et à la civilisation équestre en Europe (du 2 juillet au 3 novembre 2024). La première d’une telle ampleur sur ce thème.

https://www.chateauversailles.fr/actualites/expositions/cheval-majeste#lexposition

La République et le roi

Sous le règne d’Henri IV, la notion de République remplace celle de res publica

« Un des plus beaux portraits d’Henri IV. Noblesse et autorité émanent du visage de cet homme de 41 ans, que son intelligence politique et son courage viennent de porter au faite de sa gloire. » Extrait du livre Henri IV raconté par François Bayrou, professeur agrégé de lettres classiques, ancien ministre.

    L’Empire libéral s’achève le 4 septembre 1870 à Sedan, la capitulation et la capture du va-t-en-guerre Napoléon III jettent la France dans le chaos. Les insurgés se répandent dans Paris, le Palais Bourbon est envahi. Les députés républicains entérinent la chute de l’aigle impérial et la République est proclamée.

En 2020, à l’occasion de la célébration du 150e anniversaire de sa proclamation au Panthéon, le Président de la République déclara : « La France, écrivait Marc BLOCH, est la patrie dont je ne saurais déraciner mon cœur. J’ai bu aux sources de sa culture. J’ai fait mien son passé. Je ne respire bien que sous son ciel et je me suis efforcé à mon tour de la défendre de mon mieux ». C’est tout cela entrer en République française. Aimer nos paysages, notre histoire, notre culture en bloc, toujours. Le Sacre de Reims et la Fête de la Fédération, c’est pour cela que la République ne déboulonne pas de statues, ne choisit pas simplement une part de son histoire, car on ne choisit jamais une part de France, on choisit la France. La République commence, vous l’avez compris, bien avant la République elle-même, car ses valeurs sont enracinées dans notre histoire. Et devenir Français, c’est l’épouser toute entière et c’est aussi épouser une langue qui ne s’arrête pas à nos frontières, vous le savez parfaitement, mais qui fut aussi l’un des ciments de notre nation. » …/…« Notre langue est le berceau de la République, bien avant qu’elle ne soit proclamée par les conventionnels de 1792, parce que la République prend forme déjà dans les textes de BODIN à la Renaissance. » Emmanuel Macron rendit un surprenant hommage à Jean Bodin (1530-1596). Le juriste rallié à Henri IV considérait que la souveraineté qui « gît en un seul prince » fondait la République.

 Comme le précise le professeur Philippe Sueur dans son ouvrage universitaire « Histoire du droit public français, XVe-XVIIIe siècle – la constitution monarchique » : « au cours du XVIe siècle et sous l’influence de l’humanisme, c’est l’expression res publica, la « chose publique » des Romains, qui fut utilisée par les publicistes jusqu’à Jean Bodin, Les Six Livres de la République (1576). La République est conçue, plus ou moins confusément, comme communauté d’intérêts publics et patrimoine commun à l’ensemble des citoyens indépendamment d’une forme de régime politique (monarchie, aristocratie ou démocratie). À partir du milieu du XVIe siècle, le terme Etat marque la stabilité, la permanence, la continuité à laquelle chacun aspire, il traduit une nouvelle organisation politique qui s’oppose à la féodalité ou au désordre (NDLR : de 1560 à 1598, les guerres de religions ravagent le royaume). Largement employé par les juristes protestants, après 1570, il passa définitivement dans le langage officiel sous le règne d’Henri IV, …/…, pour se substituer à celui de res publica. L’Etat apparaît bien comme la communauté politique intégrale, associant gouvernants et gouvernés sous une même loi dans le cadre d’institutions réglées. En ce sens, l’Etat implique la durée et l’ordre, il indique que, transcendant la personne du gouvernant, une personne morale demeure immuablement.

L’Etat ne se confond ni avec le roi, ni avec ses intérêts privés. Par la pérennité de ses fonctions, il ne peut s’incarner dans un mortel ainsi que l’atteste Dangeau, rapportant dans son Journal, le 25 août 1715, la phrase de Louis XIV sur son lit de mort : « Je m’en vais, mais l’Etat demeurera toujours. » Telle était la conception qu’avait de l’Etat celui à qui la postérité attribue légendairement la célèbre formule « L’Etat, c’est moi », et qui concentre sur son gouvernement le mythe de l’absolutisme compris péjorativement comme un régime politique dépourvu de constitution, autoritaire et non respectueux des droits des personnes. »       

                                                             Nicolas Chotard,

                                                         Président des Lys de France

                                                       

Si la Constitution de 1793 précisait que : « La souveraineté réside dans le peuple ; elle est une et indivisible… », celle de 1958 rappelle le principe « La France est une République indivisible… ». Il y a toutefois une exception sur le territoire de la République : les 3 royaumes coutumiers de Wallis et Futuna

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