En janvier dernier, profitant d’une exposition temporaire dédiée à la reine Marie-Antoinette nous avions organisé la visite de la Sainte Chapelle et de la Conciergerie. Au gré des époques nous pouvions voir son image évoluer. A la Restauration elle était “pieuse”, aujourd’hui dans une société déchristianisée son image est celle d’une reine hédoniste tel ce portrait commandé par le Mobilier National aux artistes Pierre et Gilles qui ont demandé à la cover-girl Zahia de se travestir en Marie-Antoinette. Pour toucher la vérité et découvrir la vraie Marie-Antoinette il suffit d’ouvrir les archives.

Dans son journal, Marie-Thérèse, la fille de Marie-Antoinette et de Louis XVI nous livre un témoignage des dernières heures de sa mère : “l’interrogatoire de ma mère dura sans discontinuer trois jours et trois nuits. On lui reprocha toutes les choses indignes sur quoi Chaumette nous avait interrogées. Elle répondit à cette infâme accusation : “J’en appelle à toutes les mères sensibles.” Réponse qui attendrit le peuple, les juges eurent peur et se dépêchèrent de la condamner à mort. Ma mère qui avait beaucoup de religion depuis qu’elle était à la Conciergerie entendit sa sentence avec calme et courage. On lui donna un prêtre jureur pour ses derniers moments, elle ne voulut pas s’en servir, quoi que lui dît cet homme, ma mère lui répondit avec douceur ; mais ne voulut pas se servir de sin ministère. Elle se mit à genoux, pria Dieu toute seule pendant longtemps, soupa un peu ensuite se coucha et dormit quelques heures. Le lendemain ayant fait à Dieu le sacrifice de sa vie elle alla à la mort avec courage au milieu des injures qu’un malheureux peuple égaré jetait sur elle. Son courage ne l’abandonna pas sur la charrette ni sur l’échafaud, elle en montra autant dans sa mort que dans sa vie. 

Ainsi mourut le 16 octobre 1793 Marie Antoinette Josèphe Jeanne de Lorraine, fille des Empereurs et femme d’un Roi de France. Elle était âgée de 37 ans 11 mois ayant été en France 23 ans depuis qu’elle était mariée et morte 8 mois après le roi Louis XVI son mari.”   

 Dans son “Testament” Marie-Antoinette, mère, parle de ses enfants et pardonne à son fils son faux témoignage, catholique, elle accorde son pardon à ses bourreaux qui vont l’assassiner :  

 “C’est à vous, ma Sœur, que j’écris pour la dernière fois. Je viens d’être condamnée non pas à une mort honteuse, elle ne l’est que pour les criminels, mais à aller rejoindre votre frère ; comme lui innocente, j’espère montrer la même fermeté que lui dans ces derniers moments. Je suis calme comme on l’est quand la conscience ne reproche rien, j’ai un profond regret d’abandonner mes pauvres enfants ; vous savez que je n’existais que pour eux (…), Qu’ils pensent tous deux à ce que je n’ai cessé de leur inspirer, que les principes, et l’exécution exacte de ses devoirs sont la première base de la vie ; (…) Que mon fils n’oublie jamais les derniers mots de son père, que je lui répète expressément : qu’il ne cherche jamais à venger notre mort. J’ai à vous parler d’une chose bien pénible à mon cœur. Je sais combien cet enfant, doit vous avoir fait de la peine ; pardonnez-lui, ma chère Sœur ; pensez à l’âge qu’il a, et combien il est facile de faire dire à un enfant ce qu’on veut, et même ce qu’il ne comprend pas (…) 

 Je meurs dans la religion catholique, apostolique et romaine, dans celle de mes pères, dans celle où j’ai été élevée, et que j’ai toujours professée, n’ayant aucune consolation spirituelle à attendre, ne sachant pas s’il existe encore ici des prêtres de cette religion, et même le lieu où je suis les exposerait trop, s’ils y entraient une fois. Je demande sincèrement pardon à Dieu de toutes les fautes que j’ai pu commettre depuis que j’existe. J’espère que dans sa bonté il voudra bien recevoir mes derniers vœux, ainsi que ceux que je fais depuis longtemps pour qu’il veuille bien recevoir mon âme dans sa miséricorde et sa bonté. Je demande pardon à tout ceux que je connais, et à vous, ma Sœur, en particulier, de toutes les peines que, sans le vouloir, j’aurais pu vous causer. Je pardonne à tous mes ennemis le mal qu’ils m’ont fait. (…)

Alphonse de Lamartine résuma bien le destin tragique de la Reine : “Son crime était d’être reine, épouse et mère de roi, et d’avoir abhorré une révolution qui lui arrachait la couronne, son époux, ses enfants et la vie. Pour aimer la Révolution, il lui aurait fallu haîr la nature et renverser en elle tous les sentiments humains. Entre elle et la République il n’y avait pas procès, il y avait haine à mort. La plus forte des deux l’infligeait à l’autre. Ce n’était pas justice, c’était vengeance. La reine le savait, la femme l’acceptait ; elle ne pouvait pas se repentir et elle ne voulait pas supplier.” Emmanuel de Waresquiel dans “Juger la Reine” précisa “Marie-Antoinette était accusée parce qu’elle était née femme, princesse et étrangère.” 

Curieusement, les plus grands lycées publics français portent des noms de Rois de France : Lycée Louis-le-Grand (Louis XIV), lycée Henri IV, lycée Saint-Louis (le seul lycée français public exclusivement consacré aux classes préparatoires aux grandes écoles). A l’heure de la parité femme-homme, peut-on fonder l’espoir qu’un jour un lycée d’excellence portera le nom de la Reine Marie-Antoinette ? 

Nicolas CHOTARD,

Président des Lys de France.  

Portrait de Marie-Antoinette (1774-92) 1770-1819 (pastel sur papier)
par Kucharski, Alexandre (1741-1819); Chateau de Versailles, France.

SUR VOS AGENDAS

Mercredi 14 Octobre 2020

Dans le respect des normes sanitaires, la manifestation du mercredi 14 octobre à l’Interalliée est maintenue. Les tables mixtes seront limitées à 6 personnes permettant aussi une meilleure convivialité entre ses membres.

19 h : Conférence  

20 h : Apéritif-dédicace  

vers 20 h 30 : Dîner placé  

Prix : 95 € (non adh. 110 €)

Dress code : Tenue de ville

Vigilance sanitaire : prise de température à l’accueil.


On en parle :

Extraits de l’entretien d’Evelyne Lever au Figaro

Côté cœur que représente pour Marie-Antoinette, le comte suédois Axel de Fersen ?

C’est son grand roman d’amour. Il subsiste des lettres échangées pendant la Révolution, elle lui écrit: «Je ne puis que penser qu’à vous et je vous aime je vous adorerai jusqu’à la fin». C’est une histoire longue et compliquée mais cest le grand amour de Marie-Antoinette.

On lui a prêté des quantités d’amants et pas tellement Fersen curieusement. Avant lui il y a eu ce que j’appellerais des flirts, ça n’a pas été loin. Mais à partir du moment où Fersen est entré dans sa vie à son retour d’Amérique en 1784 et jusqu’à la Révolution -ils ne se verront plus à partir de 1792- c’est une véritable histoire qui prend toute son ampleur mais qui reste malgré tout discrète.

Selon vous Marie-Antoinette ne s’intéresse pas à la politique. Pourquoi intervient-elle auprès de son mari ?

Elle n’a pas une tête politique mais en 1787, quand le roi a perdu ses principaux conseillers, en particulier son ministre des Affaires étrangères (Vergennes), elle prend conscience de façon assez confuse que son mari n’a plus le ressort nécessaire pour gouverner. Autour de lui il n’y a plus les ministres dans lesquels il avait confiance. Elle est inquiète de le voir sombrer dans la dépression. Elle pense à ses fils et se rend compte confusément qu’il y a des menaces qui pèsent bien sur la monarchie traditionnelle telle qu’elle la conçoit.

Elle comprend qu’il y a des aspirations venues des élites -pour elle cela vient du peuple- qui voudraient modifier la situation. Et à partir de ce moment-là elle va jouer un rôle politique, d’abord pour soutenir son mari. Et puis comme Louis XVI est dans un état dépressif, elle va s’investir dans la politique alors qu’elle n’y est pas du tout préparée. Elle entre donc en politique par la force des choses: il faut maintenir la monarchie absolue intacte et elle a l’énergie qui fait défaut au roi.

Et en 1793, Marie-Antoinette est jugée par le Tribunal révolutionnaire…

La Terreur est à l’ordre du jour. Il faut purger la France à l’intérieur des complots qui se trament. La loi des suspects est votée le 17 septembre 93 et on décide que Marie-Antoinette, qui est la mère de tous les vices, sera traduite devant le Tribunal révolutionnaire. La reine devient un bouc émissaire. On l’accuse d’avoir dilapidé les richesses de la France, d’avoir été la mauvaise conseillère de son mari et d’avoir trahi la France en se mettant en relation permanente avec les ennemis de la France, en particulier avec la famille d’Autriche. Cela reprend tous les pamphlets. C’est un procès politique qui est réglé en deux jours. Tout est déjà décidé. Elle est perdue d’avance. Mais elle pense qu’elle sera déportée en Autriche parce qu’elle se rend compte qu’il n’y a pas de preuves. Et se défend très habilement. Elle dit que de toute façon elle n’avait pas voix au chapitre, qu’elle était l’épouse de Louis XVI et qu’elle avait toujours suivi son mari.Mais ce qui est abominable, c’est l’accusation ignoble d’inceste avec son fils -on fait témoigner contre elle son enfant de 8 ans. On lui prête vraiment les vices poussés à l’extrême. On a beau attaquer la reine, on a voulu outrager la femme. Mais elle a une majesté fantastique: son avocat écrira, que lorsqu’elle est repassée devant le peuple, elle a relevé la tête. Elle meurt en reine. Jusqu’au bout elle a conscience d’être ce qu’elle est, même dans la charrette qui la conduit à la guillotine. Marie-Antoinette monte sur les marches de l’échafaud et entre dans la légende. Elle devient pour les royalistes une martyre et pour ceux qui ne sont pas royalistes, pour beaucoup de gens, une héroïne.

Et de nos jours, comment est-elle perçue?

Avec elle il y a toujours la légende dorée et la légende noire. Mais enfin j’ai l’impression que depuis le film de Sofia Coppola on a redonné à Marie-Antoinette tous les défauts qu’elle avait à ses débuts. C’est-à-dire cette légèreté, cette espèce de folie de la jeunesse. On en a fait une icône de la mode alors qu’en réalité ça a été quelque chose de peu d’importance dans sa vie. C’est une femme qui a aimé, qui a été malheureuse et qui a eu une mort tragique. C’est un personnage de tragédie.

Au XIXe siècle, pour les royalistes elle est une sainte de vitrail, ce qu’elle n’est pas du tout. Une reine martyre. Et pour les républicains elle reste la mauvaise reine et la femme qu’il faut abattre. On a gardé le stéréotype de la victime de la Révolution-ce qu’elle est- et celui de la mauvaise reine, c’est la tradition républicaine pure et dure. Et puis enfin il y a les amoureux inconditionnels de Marie-Antoinette, de toutes les époques, qui ne voient que cette histoire: comment elle est montée si haut et descendue si bas. Elle attendrit parce que son drame la rapproche du commun des mortels.

Et vous, si vous deviez la qualifier en quelques mots…

Je dirai c’est une femme qui n’a pas compris son temps, mais elle est innocente de ne pas avoir compris son temps. Elle est énergique. Elle est aimante et tragique.

Evelyne Lever, historienne spécialiste du XVIIIème siècle et de la Révolution française, qui a été l’une des premières à consulter ces précieux documents nous livrera ses secrets d’histoire.

A l’issue de la conférence, l’auteur dédicacera son dernier ouvrage “Le grand amour de Marie-Antoinette“, un livre dédié au Marquis de Breteuil. 


Avec la participation artistique de Dhyani Heath, violoniste et Ionella Marinutsa, harpiste. Durant la soirée, nos jeunes artistes interpréteront “C’est mon ami“, une oeuvre composée par la Reine Marie-Antoinette.


Commandez vos livres dédicacés

(Rajoutez 7 € de frais de port)

  • Le grand amour de Marie-Antoinette (22,50 €)
  • Paris sous la Terreur (23 €)
  • Dictionnaire amoureux des Reines (25 €)
  • Marie-Antoinette : Journal d’une reine (9,50 €)
  • C’était Marie-Antoinette (24,30 €)
  • Les dernières noces de la monarchie : Louis XVI – Marie-Antoinette (20,30 €)
  • Louis XVI (30,50 €)
  • Marie-Antoinette (25 €)
  • L’affaire du collier (24,30 €)

Messes de Requiem

16 octobre, à 12 h

Basilique royale de Saint-Denys

17 octobre, à 11 h à Lyon

Eglise Saint-Georges (quai Fulchiron)

Messe suivie d’un déjeuner à l’Espace Carnot

Renseignements : psblyon@free.fr / 06 76 79 63 60


CHEZ NOS AMIS

La section Maine-Anjou de l’ASSOCIATION UNIVERSELLE DES AMIS DE JEANNE D’ARC et la paroisse Notre-Dame en Coëvrons, vous convient :

– À l’exposition retraçant la vie de Jeanne d’Arc, sous forme de 14 panneaux(Dont un sur les compagnons mayennais de la sainte et un autre sur les fêtes johanniques en Mayenne suite à sa béatification en 1909).

Du 9 au 17 octobre en la Basilique Notre-Dame de l’Epine d’Evron.


– A la conférence qui aura lieu en la Basilique d’Evron à 20 h 30 :

Le vendredi 16 octobre par Me Jacques TREMOLET de VILLERS :

« Le procès de Jeanne d’Arc »

N.B. :

– Respect des mesures sanitaires en vigueur (masque obligatoire et distanciation physique)

– Libre participation aux frais.

– Réservation souhaitable au Centre Paroissial d’Evron (02 43 37 29 69) de 9 h 30 à 11 h 30