Ce dessin, d’apparence simple mais bouleversant, représente Louis-Charles de France, plus connu sous le nom de Louis XVII. On y voit l’enfant royal aux cheveux coupés courts depuis l’été 1793, vêtu d’une chemise blanche, esquissé d’un trait rapide et délicat. Ce portrait, attribué à sa mère Marie-Antoinette, est accompagné d’une inscription touchante au bas de l’image : « Dessiné par sa Malheureuse mère » (Malheureuse est juxtaposé sur Mère) Ce dessin aurait été réalisé durant les sombres heures de la Révolution française, après la chute de la monarchie. Louis-Charles, né en 1785, est le deuxième fils de Louis XVI et Marie-Antoinette. Il devient Dauphin en 1789, à la mort prématurée de son frère aîné, alors que le royaume entre dans une période de bouleversements profonds. À peine âgé de quatre ans, il porte déjà le poids d’un avenir incertain. Ce portrait prend une valeur d’autant plus poignante que Louis XVII, laissé seul dans une cellule, est soumis à l’isolement, à la maltraitance et à l’abandon. Il meurt à peine deux ans plus tard, en 1795, à l’âge de dix ans, dans des conditions misérables, victime de la tuberculose. Ainsi, ce dessin ne se réduit pas à une simple esquisse : il devient un précieux vestige du lien déchirant entre une mère et son fils, arrachés l’un à l’autre dans le fracas de l’Histoire. De très rares exemples de portraits de Louis XVII de cette époque sont connus en particulier son portrait attribué à Greuze et provenant de la collection du baron Mayer de Rothschild vendu chez Sotheby’s en 1977.
Ce dessin, attribué à Marie-Antoinette, a été conservé dans la collection du Baron et de la Baronne de Pierres, figures proches de l’Impératrice Eugénie. Jane Thorne (1821-1873), Baronne de Pierres, fut l’une des dames de compagnie les plus fidèles de l’Impératrice, elle apparaît notamment dans un tableau de Franz Xaver Winterhalter, reproduit en illustration. Son époux, le Baron de Pierres (1818- 1876), Premier écuyer de l’Impératrice et député de la Mayenne, appartenait lui aussi au cercle intime du couple impérial. L’Impératrice Eugénie nourrissait une véritable fascination pour Marie-Antoinette, dont elle collectionna les effets personnels avec une dévotion marquée.
Médaillon contenant une mèche de cheveux blancs de Marie-Antoinette. Ce médaillon a été démonté pour récupérer le billet manuscrit à la plume plié et replié à l’intérieur et portant l’annotation : « Cheveux de Marie-Antoinette Reine de France ils m’ont été donnés par un procureur de la Commune chargé d’inspections de la prison du Temple à l’époque où cette malheureuse y était détenue ».
Durant la nuit précédant son exécution, le 16 octobre 1793, les cheveux de la reine ont blanchi, elle n’avait que 36 ans.
Illustration extraite du beau-livre “Le Sacre du Roi” de Patrick Demouy
Le site de l’Ambassade de France auprès du Saint-Siège rappelle les relations bilatérales : « Peu de pays ont établi des relations aussi riches et aussi anciennes que la France avec le Saint Siège, comme en témoignent le baptême dans la foi catholique de Clovis, en 496, à Reims ; l’accord étroit entre les Papes Étienne II et Léon III et les Rois francs, Pépin le Bref et Charlemagne, au VIIIème siècle ; l’élection de nombreux Papes français au Moyen Âge, depuis Gerbert d’Aurillac, devenu Sylvestre II, “le Pape de l’An Mil” ; la présence de la papauté en Avignon de 1309 à 1377 ; l’importance des grands saints français au sein de l’Église : Saint Louis, modèle du souverain médiéval, Saint Vincent de Paul et Saint François de Sales, figures de la charité du XVIIème siècle, Sainte Bernadette Soubirous et les apparitions mariales de Lourdes, Sainte Thérèse de Lisieux, promue au rang de Docteur de l’Église par la Pape Jean-Paul II le 19 octobre 1997. Il faut également rappeler l’extraordinaire élan missionnaire français à travers le monde aux XIXème et XXème siècles. Ces relations ne furent pas toujours faciles, mais elles demeurèrent toujours denses et ont beaucoup apporté aux deux parties. S’il y eut des ruptures, à la fin du XVIIIème siècle, et entre 1904 et 1921, le schisme fut toujours évité et le cours du dialogue et de la coopération toujours retrouvé. »
Effectivement par gratitude pour son Libérateur, qui avait chassé les Lombards de son territoire, le pape Étienne II vint à Reims le 28 juillet 754 pour sacrer Pépin le Bref, roi et désormais protecteur des États pontificaux. Vers 800, Charlemagne, son fils, se rendit à Rome et pria dans la chapelle où reposait sainte Pétronille. Touché par sa chrétienté, le pape lui fit aimablement donation de la chapelle qui prit le nom de « Capella regum Francorum » (chapelle des rois Francs) et sainte Pétronille devint patronne du royaume de France. En 1483, afin de restaurer la basilique Saint-Jean-de-Latran, Louis XI fit donation de revenus dont ceux de l’abbaye de Clairac. Par reconnaissance le roi de France reçut le titre de premier et unique chanoine d’honneur, une prérogative conservée par le Président de la République. Tous les le 13 décembre, jour anniversaire de la naissance d’Henri IV, une messe est célébrée « pour le bonheur et la prospérité de la France »
Le 10 juin 2013,François déclarait : « La France est une fille aînée de l’Eglise mais peut-être pas la plus fidèle ! »Peut-être pensait-il au gallicanisme qui, à partir du XIVe siècle, organisait l’Église de France de façon autonome ne reconnaissant au pape qu’un pouvoir spirituel. En 1438, ce sera la rupture temporelle avec la Pragmatique sanction de Bourges qui proclamait le roi protecteur de l’Église de France.
Quand survint la Révolution française, le vent tourna, l’Église n’était plus en « odeur de sainteté », bien au contraire il fallait « écraser l’Infâme ». Le 12 juillet 1790 l’Assemblée vota la loi portant réorganisation de l’Église en France dite « Constitution civile du Clergé » Le 14 juillet 1790, lors de la fête de la Fédération en présence de la famille royale le « Diable Boiteux » célébra une messe “pas très catholique” sur « l’autel de la Patrie » ! Avant de promulguer la loi le roi ‘très chrétien » écrivit au pape Pie VI, qui ne s’empressa pas de lui répondre alors que Louis XVI lui était pressé par les représentants de la Nation. Le roi bienveillant signa la loi contre son gré. Roi à la foi ardente, Louis XVI la confessa dans son testament demandant pardon au Seigneur à la veille de son entrée dans son royaume le 21 janvier 1793.
Nicolas Chotard,
Président des Lys de France
Dans son homélie le R.P. Bernard Ardura précisa : “Fidèle à une longue tradition, Madame l’Ambassadrice nous invite à célébrer la mémoire de sainte Pétronille et à prier pour la France, ses responsables politiques et tous les hommes et femmes qui vivent dans notre pays. …/…La dévotion des rois de France contribua à la splendeur de cette chapelle qui disparut lors de la construction de l’actuelle basilique Saint-Pierre. Louis XI avait octroyé à cette chapelle 1 200 écus d’or (aujourd’hui environ 350 000 €). Pendant le règne de Louis XII, le cardinal Jean de Bilhères Lagraulas, homme de confiance de Louis XI, Charles VIII et Louis XII, commanda au jeune sculpteur Michel-Ange sa célèbre Pietā, pour décorer la chapelle Sainte-Pétronille, lieu de rassemblement des Français de Rome avant la construction de l’église Saint-Louis-des-Français. C’est bien à partir de Charles VIII que le titre de “Fils aîné de l’Eglise” fut systématiquement portés par les rois de France, en référence au baptême de Clovis, premier roi baptisé dans la foi du concile de Nicée. La formule fut appliquée ensuite au royaume de France au XVIe siècle, puis à la France républicaine au XIXe siècle. Quant à l’expression “France, fille aînée de l’Eglise“, elle est attestée pour la première fois, lors du fameux Discours sur la vocation de la nation française le 14 février 1841 par le Père Henri-Dominique Lacordaire dans la cathédrale Notre-Dame de Paris.”
Ouest-France, premier quotidien régional et Le Figaro, premier quotidien national, ont diffusé une “fake news” en affirmant que Louis de Bourbon était le descendant de Louis XVI ce qui signifierait qu’il descendrait de Louis XVII, l’enfant du Temple, mort à l’âge de 10 ans ! Encore des journalistes qui n’ont pas relu leur copie avant de la rendre au rédacteur en chef.
En trois mois à peine, de la levée du siège d’Orléans (8 mai 1429) au sacre de Charles VII à Reims (16 juillet 1429), Jeanne d’Arc a renversé le cours de la guerre de Cent Ans.
Les représentations qu’on a d’elle sont toutes imaginaires. Une seule est contemporaine de son épopée. Elle est conservée aux Archives nationales et est présentée au public à l’hôtel de Soubise. Il s’agit d’un petit portrait (6 cm de hauteur), qui figure en marge d’un registre judiciaire, et qui est l’œuvre d’un greffier, Clément de Fauquembergue.
Le 8 mai 2025, sur Facebook, Philippe Marini, maire de Compiègne, sénateur honoraire de l’Oise, a remercié le pape François pour avoir pris la décision de canoniser les Carmélites de Compiègne. La messe était présidée par Mgr Jacques Benoit-Gonnin, évêque de Beauvais, Noyon et Senlis, en présence d’une dizaine d’évêques et des archevêques de Reims et Paris.
Jean-Louis Beaucarnot, LE spécialiste de la généalogie a publié les racines françaises de Léon XIV. On y découvre un soldat du roi, François dit Bellegarde Lemelle, marié le 16 novembre 1717 à la collégiale d’Orbais-L’abbaye, petit village de 523 habitants que nous avons visité en 2024 lors de la route royale. Ses racines sont dans l’Orne, la Manche, le Calvados, la Seine-Maritime, l’Indre, la Guadeloupe, la Marne, l’Ille-et-Vilaine, le Pas-de-Calais, Monaco, Menton, Marseille et Paris.
Le lendemain de la Libération de Paris, le 26 août 1944, le Général De Gaulle s’est rendu à Notre-Dame pour assister à un Te Deum puis la semaine suivante à Notre-Dame des Victoires pour une messe d’action de grâce. Une démarche naturelle, la France Libre se battait sous la protection de la Croix d’Anjou (que d’autres appellent la Croix de Lorraine), grâce à une Sœur de la Congrégation des Filles du Coeur de Marie de Baugé exilée à Londres qui avait suggéré au vice-amiral Muselier d’adopter comme emblème la croix à double traverse sculptée dans le bois de la Vraie Croix du Christ, celui qui s’était proclamé le Chemin, la Vérité et la Vie. Ce choix a aussi été retenu par opposition à la Croix Gammée et à ses fausses croyances. À l’issue de la guerre le mal ne l’a pas emporté. Malheureusement, ce souvenir historique est mis sous le boisseau et le Ciel n’est plus convié aux commémorations.
En ce 8 mai 2025, en la fête de la Saint-Michel de Printemps, Prince des anges, jour où l’on commémorait la signature de l’armistice mais aussi la délivrance d’Orléans par Jeanne d’Arc qui en 1425, à l’âge de 13 ans, avait eu les premières apparitions de l’archange se présentant ainsi : « Je suis Michel, le protecteur de la France » le Père Henry de Villefranche, chapelain à Notre-Dame de Paris, présidait les vêpres à la cathédrale. Dans son mot d’introduction il précisait « Nous attendons tous un signe de Dieu avec l’élection du successeur du pape François. Non ce n’est pas les Cardinaux qui sont venus à Notre-Dame de Paris. Nous sommes en rouge parce qu’avec l’Église toute entière nous prions le Saint Esprit. L’Église n’est pas l’affaire que des Cardinaux c’est l’affaire des baptisés ». Puis au cours de la messe il prononçait cette prière « Toi le Pasteur de ton Église, éclaire et fortifie les Cardinaux réunis en conclave. Qu’à la lumière de l’écriture, de la Tradition, de l’Esprit Saint il soit docile à ton inspiration. » Quelques instants plus tard il se dirigeait vers le pupitre et déclarait : « Que peut-il se passer dans une église comme Notre-Dame ? On vient y rencontrer le Seigneur et Notre-Dame est un signe que Dieu habite vraiment parmi nous. La religion chrétienne c’est que Dieu vient habiter dans le monde, il s’incarne et le Seigneur est toujours celui qui est présent dans sa bienveillance, dans sa puissance. Mes amis un des signes que Dieu nous accompagne c’est que HABEMUS PAPAM »
Après une vie missionnaire au Pérou fondant des paroisses et des communautés avant de rejoindre la Curie Romaine, S. Em. le cardinal Robert Francis PREVOST a été élu pape. Ses premiers mots ont été pour Notre-Dame du Rosaire de Pompéi, un sanctuaire édifié par le Bienheureux Bartolo Longo, un avocat qui après avoir été séduit par l’anticléricalisme de Garibaldi s’est converti et a écouté la voix céleste : « Si tu cherches le salut, répands le Rosaire. Celle-ci est la promesse de Marie. Celui qui répand le Rosaire est sauf »
Dans sa première homélie Léon XIV n’a pas manqué de faire un constat cruel mais réaliste de notre société occidentale déchristianisée : « Aujourd’hui encore, nombreux sont les contextes où la foi chrétienne est considérée comme absurde, réservée aux personnes faibles et peu intelligentes ; des contextes où on lui préfère d’autres certitudes, comme la technologie, l’argent, le succès, le pouvoir, le plaisir. Il s’agit d’environnements où il n’est pas facile de témoigner et d’annoncer l’Évangile, et où ceux qui croient sont ridiculisés, persécutés, méprisés ou, au mieux, tolérés et pris en pitié. Et pourtant, c’est précisément pour cette raison que la mission est urgente en ces lieux, car le manque de foi entraîne souvent des drames tels que la perte du sens de la vie, l’oubli de la miséricorde, la violation de la dignité de la personne sous ses formes les plus dramatiques, la crise de la famille et tant d’autres blessures dont notre société souffre considérablement. Aujourd’hui encore, il existe des contextes où Jésus, bien qu’apprécié en tant qu’homme, est réduit à une sorte de leader charismatique ou de super-homme, et cela non seulement chez les non-croyants, mais aussi chez nombre de baptisés qui finissent ainsi par vivre, à ce niveau, dans un athéisme de fait. »
Le samedi 5 avril 2025, nous étions très nombreux à la visite guidée des Carmes, dernier vestige visible des Massacres de Septembre 1792 (la prison de l’Abbaye, la prison de la Force et la prison de Saint-Firmin ont été détruites). Deux groupes avaient été constitués, l’un sous la conduite d’un représentant de l’association “Art, Culture et Foi” et l’autre avec Alexandre Boirat-Blanchard, président de “l’Association pour le Souvenir des Bienheureux Martyrs de septembre 1792 à Paris” accompagné de Monsieur de La Rochefoucauld, vice-président.
Sous un magnifique soleil les touristes qui se dirigeaient vers le jardin du Luxembourg étaient loin d’imaginer qu’ils passaient devant un lieu où on a exterminé des hommes simplement parce qu’ils étaient prêtres. Il n’y avait pas que des français, un québécois de passage à Paris fut lui aussi massacré, il était au mauvais endroit au mauvais moment.
En descendant dans la crypte beaucoup marquèrent un temps d’arrêt devant un poème inscrit sur le mur :
“Apprends à vivre heureux et vivant pour Dieu Seul
Ne crains pas de la mort le funèbre Linceul,
Mourir pour Dieu et vivre en sa présence Auguste,
Est le prix qui t’attend si tu sais être Juste”
À la fin de la visite chacun reçut une image pieuse avec cette prière, qui à la veille du conclave pourra être récitée :
“Seigneur, tu as accordé aux Bienheureux Martyrs la fermeté dans la foi et la douceur évangélique. Par leur intercession, accorde-nous la grâce d’avoir de nombreux prêtres, religieux et religieuses fidèles à l’Évangile et à l’Église, comme les Martyrs. Donne aux chrétiens persécutés la force de se comporter jusqu’au bout en témoins de l’Évangile. Donne-nous la grâce de mettre l’Évangile au coeur de notre vie de tous les jours. Apprends-nous à savoir pratiquer, à l’exemple des martyrs, le pardon vis-à-vis de tous ceux qui nous offensent et que la Vierge Marie nous aide à prier son divin Fils dans le Très Saint-Sacrement. Amen !”
La soirée se termina par un bon dîner offert par le Comte Georges de La Rochebrochard Au Vieux Paris d’Arcole avec une vue magnifique sur Notre-Dame de Paris.
N’hésitez pas à adhérer à l’Association pour le Souvenir des Bienheureux Martyrs de septembre 1792 à Paris
“Souvenez-vous de ces hommes qui furent à votre tête et qui vous annoncèrent la parole de Dieu. Contemplez leur fin précieuse devant Dieu et imitez leur foi.”
“Ayant préféré la mort à la violation de la sainte loi de Dieu ils ont été massacrés“