L'art de vivre à la Française

Auteur/autrice : Nicolas Chotard Page 11 of 26

Millénaire de ND de Chartres

Frère Chautard (1858-1935) est à l’origine de la création de la Chocolaterie d’Aiguebelle. En 1882, il fait imprimer par le monastère de la Trappe des images, supports publicitaires mais aussi d’instruction et d’évangélisation à l’heure où la IIIᵉ République lance un mouvement de laïcisation. 8ème chocolaterie de France avant la Seconde Guerre Mondiale, en 1941, elle est délocalisée au Maroc et sera vendue par la suite à la Compagnie Chérifienne de Chocolaterie (famille des descendants de Mahomet par sa fille). 

      Depuis le 8 septembre, jour de la Nativité de la Vierge Marie jusqu’au 15 août 2025, en la fête de l’Assomption, Notre-Dame de Chartres célèbre le millénaire de la plus longue crypte de France. Un anniversaire quasi miraculeux car par cinq fois, la belle Dame de pierres et de verres a failli disparaître. Les guerres de religion, la Révolution, les incendies l’ont endommagé mais à chaque fois la volonté politique et la ferveur populaire ont relevé cet écrin de la Chrétienté pour que les fidèles et les générations futures puissent continuer à aller à la rencontre du Christ-Roi par sa mère, la Sainte Vierge.

La cathédrale renferme un trésor inestimable : le Voile de la Sainte Vierge. En 876, le roi Charles II le Chauve en a fait don à la cathédrale, Charlemagne, son grand-père, l’avait reçu en présent de l’impératrice Irène de Byzance, impératrice du Saint-Empire romain d’Orient à Constantinople. En 911, sous le règne de Charles III le Simple, les Vikings assiègent Chartres. On raconte que face à cette situation désespérée on s’en remit à la protection du Voile qu’on hissa en étendard. Les catholiques galvanisées mirent alors en fuite les assaillants. On garda ensuite précieusement la sainte relique dans un coffre.

En 1194, un incendie ravage la cathédrale, on croit le Voile disparu à jamais. Mais trois jours plus tard, les sauveteurs viennent au secours des religieux réfugiés dans la crypte, ils avaient eu le temps d’emporter avec eux le reliquaire marial. En 1594, Reims étant occupée par la Ligue, ses adversaires, Henri IV, « chef de la sacrée tige de S. Louys », est sacré à Chartres. Le roi catholique demande à voir le Voile, malheureusement son souhait n’est pas exhaussé, la clef du coffre reste introuvable.

Aux heures sombres de la Révolution française, les vandales ne perdent pas leur temps avec cette bagatelle, le coffre est forcé et le Voile morcelé. La politique de déchristianisation et l’impiété s’abattent sur le royaume des Lys : l’abbaye de Cluny est transformée en une carrière de pierres, les cloches sont fondues pour faire des canons et les églises deviennent des Temple de la Raison. On doit la préservation de la cathédrale au beau-frère du général Marceau le conventionnel Sergent-Marceau alors qu’un an plus tôt il avait été impliqué dans les Massacres de Septembre 1792. Se serait-il repenti ou éprouvé une certaine contrition, Dieu seul le sait.        

                                                             Nicolas Chotard,

                                                         Président des Lys de France                                

Coeurs votifs offerts le 29 septembre 1790 par Madame Elisabeth, soeur de Louis XVI, à la cathédrale de Chartres pour obtenir la protection divine sur le Roi et la famille Royale et sur l’Eglise de France.

Ces deux petits cœurs réunis représentent le Sacré-cœur de Jésus et le Cœur immaculé de la Sainte Vierge transpercé par le glaive et surmonté des flammes d’où jaillissent une tige comportant trois fleurs de lys.

Christianophobie !

Lors de la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympique, Thomas Joly, le directeur artistique de la Ville de Paris, avait démenti avoir parodié le tableau de La Cène de Léonard de Vinci, qu’il ne fallait pas y voir de christianophobie…

Le 1er septembre 2024, la Ville de Paris informait son personnel que dorénavant il n’y aurait plus de poisson le vendredi dans ses restaurants administratifs….on devrait nous affirmer que ce n’est pas, non plus, de la christianophobie.

https://www.aspp.fr/blog/226/offre-100-vegetarienne

Les Jeux Olympiques se sont clôturés après la dernière épreuve sportive : le marathon féminin. Le parcours avait été tracé suivant celui de la marche des femmes du 5 octobre 1789 partant de l’Hôtel de Ville de Paris et passant devant le Château de Versailles (la vidéo diffusée lors de la cérémonie de clôture présenta des illustrations de cette épisode révolutionnaire).

Pour comprendre cet événement il faut revenir au 29 août 1789 lorsque l’Assemblée nationale vote la libre circulation des grains et des farines entrainant l’augmentation du prix du pain. La colère monte, les femmes convergent vers l’Hôtel de Ville puis marchent sur Versailles. Malgré le mouvement insurrectionnel du 14 juillet 1789, la sécurité n’a pas été renforcée, les révoltées ont pu entrer dans la Château de Versailles « comme dans un moulin. » Le bienveillant Louis XVI veut éviter la guerre civile et refuse le recours à la force, à son capitaine des gardes de service il répond : « Allons donc, Monsieur, des ordres de guerre contre des femmes ! Vous vous moquez. » La famille royale quitte Versailles définitivement le 6 octobre 1789 pour le Palais des Tuileries escortée par le cortège « insultant et barbare » selon le marquis de Ferrières.

Lors de la cérémonie d’ouverture des Jeux Paralympiques, on entendit l’animatrice Daphné Bürki née Daphné de Marin de Montmarin dire que la place de la Concorde avait été le lieu de la fin de la Monarchie, Louis XVI et Marie-Antoinette y ayant été décapités…une affirmation mensongère, ces assassinats avaient eu lieu en 1793 alors que la royauté avait été abolie le 21 septembre 1792 la famille royale étant prisonnière au Temple suite à la prise d’assaut des Tuileries le 10 août 1792. Ce sera aussi le début de la Terreur, le 18 août, le religieux étaient obligés de prêter le serment de « liberté-égalité » et le 26 août, le décret de déportation des prêtres réfractaires était signé.

https://eglise.catholique.fr/saint-du-jour/02/09/bienheureux-martyrs-carmes/

La messe de Solennité des Bienheureux Martyrs des Carmes aura lieu le dimanche 6 octobre 2024 à 11h en l’église Saint-Joseph des Carmes

70 rue de Vaugirard – Paris VIe.

En 1992, à l’occasion du Bicentenaire des Massacres de Septembre une exposition avait été organisée à la Mairie du VIe arrondissement. Le Comité d’Honneur présidé par Son Eminence le Cardinal Jean-Marie Lustiger, archevêque de Paris, était composé de Jacques Chirac, Maire de Paris, Jean Favier, Jean Guitton, André Frossard, Emmanuel Le Roy Ladurie, Leopold Sedar Senghor…Le Comité Scientifique était composé de Jacques Charles-Gaffiot, Pierre Chaunu, Yvan Gobry, René Rémond, Jean Tulard,…

https://anf.asso.fr/fr/news/lettre-de-la-noblesse-francaise-au-president-de-la-republique-suite-a-la-ceremonie-d-ouverture-des-jeux-olympique-1343

Louis de Bourbon : La cérémonie d’ouverture des JO, un spectacle dénaturé !

https://www.lejdd.fr/societe/louis-de-bourbon-la-ceremonie-douverture-des-jo-un-spectacle-denature-148015?fbclid=IwY2xjawFHm-pleHRuA2FlbQIxMAABHSVqajFvehzwFmd3MA3Ss2WK66CYlJaOvmnfFr4CufhqQ-ijRl-Blb0w8A_aem_7se-HKZnFMSdd4GbYcOZGQ

Les J.O. ou l’apologie de la Terreur

Pierre de Coubertin, enfant, au pied de l’autel, assiste au départ des missionnaires (tableau visible dans la chapelle des Missions Etrangères de Paris)…incontestablement, l’esprit de son oeuvre, les Jeux Olympiques modernes, a été dévoyé.

     Depuis 1968, la mascotte des Jeux Olympiques a pour objet selon le site officiel : « d’incarner l’esprit olympique, de diffuser les valeurs véhiculées par chaque édition des Jeux, de promouvoir l’histoire et la culture de la ville hôte, et de donner une atmosphère festive à l’événement. » Tony Estanguet, président du Comité d’Organisation des Jeux Olympiques & Paralympiques de Paris 2024, présenta le 14 novembre 2022 la mascotte à la presse : On n’a pas voulu un animal, on a voulu un idéal. On voulait que cette mascotte soit le bonnet phrygien, symbole de liberté, symbole franco-français dont on est assez fiers”, une manière aussi de “faire la révolution à travers le sport”. Ainsi, le ton était donné, mais ce sera les pages les plus sombres de la Révolution française, celles de la Terreur.

      Sous la Révolution française, le bonnet phrygien ne symbolise pas la République mais la liberté face à l’ordre social chrétien. Les prêtres sont persécutés, les églises fermées, la Constitution civile du Clergé imposée….Le 27 mai 1792 « de l’An quatrième de la Liberté » l’Assemblée Législative vote un décret condamnant les ecclésiastiques réfractaires à la déportation. Mais Louis XVI, roi catholique de l’éphémère monarchie constitutionnelle (3 septembre 1791 – 21 septembre 1792) oppose naturellement son véto. Le lendemain, le 20 juin 1792, le Palais des Tuileries est envahi. On insulte le roi, le calomnie. Face à la foule en furie il accepte de se coiffer du bonnet phrygien qu’on lui a tendu au bout d’une pique ! Malgré ce geste d’apaisement, on le menace d’un poignard, le roi stoïque répond : « Un homme qui n’a rien à se reprocher ne connaît ni la peur ni la crainte. » Le bonnet phrygien s’impose pendant toute la période de la Terreur devenant l’accessoire vestimentaire des bourreaux sur l’échafaud.

En 1989, les manifestations du Bicentenaire de la Révolution française furent l’occasion de débats controversés portant sur le rapport entre la Révolution française de 1789 et la Terreur de 1793. L’historiographie évoluant, pour François Furet, par exemple, il n’était plus question d’un « dérapage » mais d’une suite logique, la Terreur étant endogène à 1789. Les organisateurs des cérémonies des J.O. l’ont parfaitement intégré, probablement involontairement, en mettant en scène une Conciergerie sanguinolente avec une Marie-Antoinette décapitée chantant « Ah ! ça ira !, les aristocrates à la lanterne, Ah ! ça ira !, les aristocrates on les pendra » alors que la Franco-espagnole Anne Hidalgo, maire de Paris, venait d’être reçue en audience privée dans un salon doré de l’ambassade d’Espagne par son souverain, le roi Felipe VI, le « neveu » de la reine martyre.

Dans son discours d’inauguration des Jeux Paralympiques, place de la Concorde, Tony Estanguet a cru faire de l’esprit en déclarant

Bienvenue au pays de l’amour… et de la Révolution.

Rassurez-vous ce soir pas de prise de la Bastille et pas de guillotine

Car ce soir débute la plus belle des révolutions : la révolution paralympique.

Mais son ode à la Terreur sera censurée lors de la publication écrite de son discours. Pour la Rentrée, la seule bonne résolution sera d’éteindre la télévision, d’ouvrir des livres, d’élargir ses connaissances en participant aux manifestations des Sociétés savantes qui diffusent la culture et le savoir en Vérité sans sectarisme ni idéologie.

                                                             Nicolas Chotard,

                                                         Président des Lys de France

Discours de Tony Estanguet, version originale https://www.france.tv/sport/handisport/jeux-paralympiques/6457370-tony-estanguet-ce-soir-debute-la-plus-belle-des-revolutions.html

version censurée (discours officiel) https://presse.paris2024.org/actualites/discours-officiel-de-tony-estanguet-prononce-lors-de-la-ceremonie-douverture-des-jeux-paralympiques-de-paris-2024-d24bd-e0190.html

                                                       

Notre patrimoine a été mis en valeur pendant les Jeux Olympiques de Paris voyant même l’arrivée du marathon devant l’Hôtel royal des Invalides et sous les armes de France fleurdelysées.

En raison des restrictions imposées par les Jeux Olympiques, les célèbres Médiévales de la Chapelle d’Angillon (Cher) n’auront pas lieu cette année.

https://www.leberry.fr/chapelle-d-angillon-18380/loisirs/les-medievales-nauront-pas-lieu-en-2024_14441775/

Nous vous invitons à soutenir le Comte Jean d’Ogny en visitant son château afin d’en pérenniser la restauration et l’entretien.

Découvrez l’histoire du château :

https://www.youtube.com/watch?v=yx_Neeg2RJk&t=9s

Alain Delon, le cinéma d’excellence

« Le Guépard« , le chef-d’œuvre de Luchino Visconti, mythique notamment grâce à sa séquence de bal qui dure un tiers du film de 3 heures. Elle avait nécessité 48 nuits de tournage. Selon Charles de Lauzun « c’est LA valse référence de toute l’histoire du cinéma » : https://www.votrevalse.com/+-Valse-du-Guepard-Valzer-Brillante-+.html

      Dans le communiqué de la mort d’Alain Delon, ses enfants ont souligné discrètement son amour pour la Sainte Vierge : « L’acteur de « Plein soleil » et du « Samouraï » s’en est allé rejoindre (la Vierge) Marie parmi ses étoiles si chères à son cœur », lui qui disait « Ma passion, c’est la Vierge Marie. Parce que j’aime cette femme, j’aime tout ce qu’elle a fait. Marie, je lui parle, je lui dis des choses, je lui demande des choses. Elle m’apporte un soulagement, elle m’apporte une compagnie que je n’ai pas, elle est toujours là. »

Malgré la notoriété, la star de cinéma était un solitaire, une solitude née à ses 4 ans lorsque ses parents ont divorcé le mettant en nourrice chez des gardiens de prison à Fresnes. À 9 ans, le 15 octobre 1945, alors qu’il joue dans la cour le bruit des armes le fait tressaillir « J’ai entendu la salve qui tua Laval. Ce sont moins des images que des sons qui me restent de cette cour de la prison de Fresnes. » En 1953, le turbulent adolescent s’engage dans l’armée et part pour l’Indochine. Il y découvre une « famille », des frères d’armes, la discipline, la rigueur, le respect de soi, de l’autre et du chef. Quelques années plus tard, adulte, il éprouve un profond ressentiment pour ses parents : « La majorité était alors à 21 ans, raconte-t-il à Valérie Trierweiler dans Le Point. Et mes parents ont signé l’autorisation d’engagement sans hésitation, comme s’ils se débarrassaient de moi encore une fois. Je leur en veux pour cela. On n’envoie pas un gamin de 17 ans à la guerre…17 ans…Je n’avais que 17 ans ! » Ces blessures d’enfance ne seront jamais cicatrisées. De retour à Paris, il devient acteur « par accident », il ne joue pas, il vit ses rôles.  

En 1962, il tourne « Le Guépard », l’histoire du débarquement en Sicile en 1860 des troupes républicaines de Garibaldi. Il en sera terminé de la monarchie bourbonienne et de la société aristocratique avec ses principes désormais ce sera une société bourgeoise impertinente. Le prince est conscient du déclin de son monde « Nous étions les Guépards, les Lions. Ceux qui nous remplaceront seront les Chacals, les Hyènes et tous tant que nous sommes, Guépards, Lions, Chacals ou Brebis, nous continuerons à nous prendre pour le Sel de la Terre ». Tancrède Falconeri (Alain Delon) combattant dans les colonnes garibaldiennes essaie de convaincre le prince, son oncle : « Si nous ne nous mêlons pas de cette affaire, ils vont nous fabriquer la République en deux temps trois mouvements. Si nous voulons que tout reste pareil, il faut que nous changions tout…Je reviendrai avec les 3 couleurs » et le prince de répliquer désappointé « les 3 couleurs, du rouge et du vert à la place de notre fleur de lys d’or sur son champ immaculé »

Alain Delon avait prêté sa voix à des spectacles au Puy du Fou et représentait la masculinité, l’élégance et l’excellence. Il appartenait à l’ancien monde traditionnel avec ses valeurs chevaleresques : loyauté, générosité, dévouement, courage et courtoisie figuraient parmi ses qualités. Mais, l’époque et la société avaient changé. Le cinéma ne lui offrait plus de grande et belle histoire et il avait été exclu de la liste des 50 « personnalités préférées des Français. » En 2018, lors d’un entretien à Paris Match, il avait déclaré : « La vie ne m’apporte plus grand-chose. J’ai tout connu, tout vu. Mais surtout, je hais cette époque, je la vomis. Tout est faux, tout est faussé. Il n’y a plus de respect, plus de parole donnée. Il n’y a que l’argent qui compte. Je sais que je quitterai ce monde sans regrets. » Tancrède alias Alain Delon aurait-il finalement approuver le point de vue du prince sicilien sur l’évolution de la société ?

Alain Delon est mort mais son étoile continuera de briller. 

                                                             Nicolas Chotard,

                                                         Président des Lys de France

                                                       

À l’occasion du 80e anniversaire de la Libération de Paris, le 25 août 2024, découvrez une exposition sur un grand classique du cinéma réalisé par René Clément avec Alain Delon (dans le rôle de Jacques Chaban-Delmas), Jean-Paul Belmondo, Yves Montand, Bruno Cremer, Kirk Douglas, Orson Welles,…

Le Musée de la Libération est situé au 4, place Denfert-Rochereau – Paris XIV juste en face de l’entrée des Catacombes de Paris (1, place Denfert-Rochereau), il y a juste la rue à traverser…pourtant si ce dernier est souvent « complet » avec une file d’attente impressionnante (500 000 visiteurs par an), celui de la Libération de Paris semble attendre le public (40 000 visiteurs par an).

https://www.museeliberation-leclerc-moulin.paris.fr/

https://www.leparisien.fr/culture-loisirs/expositions/aux-invalides-louis-xiv-createur-du-prestigieux-edifice-ne-se-laisse-plus-ecraser-par-napoleon-08-07-2024-Z4X5LYILVBAQNBPPBQRKITQQ3A.php

Edith Piaf

       Alors que pour le départ de la flamme olympique la Grèce avait choisi Nana Mouskouri, en France, une rumeur avait plané sur la participation d’Aya Nakamura pour interpréter une chanson d’Edith Piaf lors la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques de Paris. Soixante ans après son rappel à Dieu, « la Môme » demeure notre plus grande chanteuse populaire, ses œuvres lui ont survécu, son secret : son talent et sa foi ardente, elle qui disait : « Si un jour je perdais la foi, je ne pourrais plus chanter. »

         Aveugle à 4 ans, sa grand-mère paternelle, de profession « pas très catholique », mais brave personne, la conduisit en pèlerinage à Lisieux et miraculeusement elle retrouva la vue. Sainte-Thérèse sera sa protectrice durant toute sa vie, toute sa carrière « Ma petite robe de scène, c’est comme le voile noir de sainte Thérèse » disait-elle. Son habilleuse était témoin de sa dévotion Thérésienne « Elle priait sa petite Thérèse dans les périodes misérables et aux époques d’abondance«  le regard tourné vers le Ciel elle gardait l’espérance malgré les épreuves. Discrète dans ses œuvres de charité, elle vint en aide aux plus pauvres, sauva un prêtre du suicide et finança la restauration d’une église délabrée.

      « Piaf ne chantait pas, elle devenait son chant. Une incantation, entre Ciel et Terre […]. Dans les strates de cette voix magique se trouve la foi d’Édith… » Pierre Fesquet, auteur d’un émouvant Piaf, un cri vers Dieu, a accordé un entretien à France catholique :  

Chez Édith Piaf, la foi et la voix sont indissociables, portées par une immense dévotion à sainte Thérèse. Comment l’expliquer ?

Pierre Fesquet : Édith Piaf souffrait d’une grave maladie oculaire qui l’avait rendue presque aveugle. Abandonnée par sa mère à 3 ans, elle est recueillie par son père qui la confie alors à sa grand-mère, Louise Gassion. Celle-ci tient une maison de rendez-vous, autrement dit une maison close, à Bernay, en Normandie, à 30 km de Lisieux. Édith est née en 1915, dix-huit ans après la mort de la petite Thérèse qui n’est pas encore canonisée mais dont la réputation est déjà impressionnante. La grand-mère Gassion et ses « filles » ont l’habitude de prier la carmélite et ont entendu dire qu’une fille aveugle, Reine Fauquet, avait été guérie de sa cécité après avoir fait un pèlerinage sur la tombe de Thérèse. C’est ainsi que, le 19 août 1921, la patronne et ses dames accompagnent l’enfant dans le cimetière du carmel après avoir assisté à la messe. Quelques jours plus tard, Édith, alors âgée de 6 ans, voit ! Le miracle sera attesté par l’ophtalmologiste qui la suivait. Toute la maisonnée partira le lendemain à Lisieux pour un pèlerinage d’action de grâce et le père d’Édith, Louis Gassion, passera autour du cou de sa fille une chaîne avec une médaille de la future sainte en lui murmurant : « Elle te protégera toujours. » Non seulement Édith gardera pour elle une reconnaissance pleine de la joie de la vue retrouvée mais elle tissera, en plus, un lien presque charnel. À 10 ans, alors qu’elle est sur les routes avec son père contorsionniste, elle décide de fuguer pour aller retrouver Thérèse qui vient d’être canonisée à Rome ! Elle grimpe dans un train pour gagner Bernay, où elle supplie sa grand-mère de l’emmener à Lisieux. À la librairie du carmel, elle découvrira alors la voie d’enfance spirituelle proposée par la carmélite à travers Les annales de sainte Thérèse de Lisieux et elle y sera fidèle toute sa vie.

Peut-on dire que sainte Thérèse a eu une influence sur sa carrière de chanteuse ? Absolument. Lorsqu’Édith retourne à Lisieux en 1925, elle prie devant la châsse de la sainte et sa grand-mère lui raconte la procession d’action de grâce qui eut lieu à Lisieux pour la canonisation de Thérèse. Cette description fait rêver l’enfant et Piaf avouera plus tard : « Ce jour-là, j’ai compris ce qu’était la vraie gloire. Ce qui m’a évité par la suite de croire en la mienne. » Dans sa loge d’artiste, Édith avait toujours une statue et une photo de la sainte et elle embrassait sa médaille avant d’entrer sur scène. Sa silhouette frêle engoncée dans une petite robe, elle portait toujours du noir pour « imiter le voile de sainte Thérèse ». Devenue la grande Piaf, elle comparera souvent sa vocation à celle de la carmélite en confiant : « Une scène c’est un champ clos, une arène. Il faut combattre, il faut gagner. Comme Thérèse l’a fait. C’était une pêcheuse d’âmes. Moi aussi je vais les pêcher. Mais il faut avoir Dieu avec soi. »

À quoi ressemblait la foi d’Édith ? Édith s’abîmait dans la prière, elle aimait se ressourcer à la basilique Notre-Dame-des-Victoires, à Paris, où sainte Thérèse était venue demander des grâces, mais sa foi était aussi en action et en charité. À Strasbourg, alors qu’elle est attendue au sommet de sa gloire, un clochard se dresse sur son chemin et lui demande du travail. Aussitôt, elle l’emmène à une réception à l’Hôtel de Ville et le confie au maire qui lui trouvera un emploi de jardinier.

                                                             Nicolas Chotard,

                                                         Président des Lys de France

                                                       

Dans la basilique de Notre-Dame des Victoires, le sarcophage de Jean-Baptiste Lully surplombe la chapelle Sainte-Thérèse où Edith Piaf venait prier

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