
La France Libre sera le nom de notre futur porte-avions, le Président de la République souhaitait l’inscrire dans l’affiliation du général de Gaulle. En 1940, la France Libre avait pris pour symbole la Croix de Lorraine, un choix profondément catholique, son histoire mérite d’être mieux connue.
En 1901 un inventaire de l’orfèvrerie et des joyaux de Louis Ier d’Anjou (1339-1384), duc d’Anjou, comte du Maine, Roi de Jérusalem, Régent de France est publié dans La Bibliothèque de l’École des Chartes, son auteur, l’historien Henri Moranvillé a conclu par une phrase qui sonne comme une déclaration de guerre : « Il n’y a pas de Croix de Lorraine. » En effet, la Croix de Lorraine n’est autre que la Vraie Croix d’Anjou. Par son mariage, le Bon Roi René, petit-fils de Louis Ier est devenu duc de Lorraine mais il faudra attendre le règne de son petit-fils le roi René II (1473-1508) pour que la Croix d’Anjou prenne la valeur de symbole national. Alors que le duché est envahi par le duc de Bourgogne, les valeureux lorrains résistent pendant deux ans et finissent par vaincre le Téméraire devant Nancy, son cadavre disparaissant dans l’étang. Pour marquer ce fait d’armes qui sauve la Lorraine, René II érige sa croix à double traverse. Dès lors, les Lorrains adoptèrent cette croix devenue de Lorraine.
Le 1er juillet 1940 à Londres, sur proposition du vice-amiral Muselier, d’origine lorraine, commissaire à la marine et à l’aviation, le général De Gaulle, rend la Croix de Lorraine réglementaire à bord des bâtiments de guerre et de commerce. L’amiral Thierry d’Argenlieu commente cette décision dans un message du 23 août 1940 : « Face à la Croix Gammée, qui n’est pas la croix des chrétiens, les bâtiments des forces navales françaises libres arboreront désormais un pavillon bleu timbré d’une croix rouge de Lorraine. La Croix de Lorraine dressée contre la gammée, pour la France, pour le monde, c’est le symbole magnifique de notre victoire. » Le pape Pie XI a surnommé la svastika nazifiée « la caricature de la croix du Christ. ». Dès 1938, les prêtres sont persécutés et déportés à Dachau et à Buchenwald.
Dès le lendemain de la Libération de Paris par la France Libre, la 2e DB de Leclerc, le général De Gaulle prend le temps de se rendre à Notre-Dame pour assister à un Te Deum, une liturgie exprimant la louange et l’action de grâce. Un quart d’heure après le début de la cérémonie des tirs de tireurs isolés résonnent à l’extérieur, le Te Deum est alors remplacé par un Magnificat : « Mon âme exalte le Seigneur, Et mon esprit se réjouit en Dieu, mon Sauveur… .» et la messe d’action de grâce reportée au 1er septembre à Notre-Dame des Victoires. À Londres, une religieuse augustine angevine, Mère Marie-Edmond Gauthier, oeuvre à faire connaître l’histoire de la Vraie Croix d’Anjou, elle publie dans The Universe le 13 avril 1945 un article intitulé : French True Cross relic is still safe et envoie une brochure historique à son cousin, représentant De Gaulle dans le sud-ouest de l’Angleterre qui la prête au général très intéressé.
Élu Président de la République Charles De Gaulle fait installer un oratoire dans une petite pièce du Palais de l’Élysée, il considère la France comme étant toujours « la fille aînée de l’Église ». Mais en 1989, à l’occasion du Bicentenaire de la Révolution française, c’est un tout autre son de cloche qu’on célèbre lors des plantations des arbres de la Liberté. Cette liberté est celle du prétendu « affranchissement » vis-à-vis de Dieu. Les idées nouvelles ne voient dans la Religion que superstition et fanatisme, « l’Homme nouveau » doit être déchristianisé. Voltaire, le deuxième « Grand Homme » transféré au Panthéon en 1791, dans l’ancienne église Sainte-Geneviève, ne concluait-il pas ses lettres par un « Écrasons l’infâme » ? Dans ces conditions, la chrétienté est bannie, l’Église persécutée s’enrichit de nouveaux martyrs de la foi. En 1793, l’abbé René Berault, prisonnier dans une geôle à Angers, envoie aux Sœurs des Incurables, gardiennes de la Vraie Croix, de belles lettres d’espérance : « La croix est le trait de l’amour. Si vos cœurs y sont enchaînés, votre vie sera toute d’amour ; les croix, les peines extérieures et intérieures ne feront qu’augmenter votre amour. »
Bon et saint carême, belle montée vers Pâques !
Nicolas Chotard,
Président des Lys de France,
Trésorier de la Chouannerie du Maine

En 2025, en la Solennité de la Pentecôte le nouveau sanctuaire de la Vraie Croix d’Anjou était inauguré avec bénédiction du Saint-Siège Apostolique. Le ministère de la Culture avait estimé, à juste titre, qu’il fallait sécuriser le reliquaire pour éviter son vol.
Le Bal des Lys 2025 avait été organisé au profit du sanctuaire, il le sera à nouveau en 2026.