L'art de vivre à la Française

Catégorie : Actualité royale

Louis de Bourbon devant la cathédrale du sacre d’Henri IV, son aïeul, avec l’abbé Matthieu Raffray, prêtre de l’Institut du Bon Pasteur, professeur de philosophie à l’Université Pontificale Saint Thomas d’Aquin (Angelicum) à Rome

Le Prince Charles Emmanuel de Bourbon Parme arrivant à la cathédrale avec la Délégation de l’Ordre Constantinien de St Georges.
Crédit photo : Marc Lefebvre

2023, une année royale (Charles III)

Lors de son toast Charles III a évoqué avec humour l'anecdote historique « Je crois que c’est un roi français qui a dit un jour qu’il préférerait être bûcheron plutôt que roi d’Angleterre, chargé de résoudre la complexité de notre pays. En tant que forestier passionné, je suis heureux d’annoncer qu’il est possible de combiner les deux. » Il s'agissait de Charles X, dernier roi de France, qui, au moment de la Restauration, avait dit : “J’aimerais mieux scier du bois que de régner à la façon du Roi d’Angleterre” défendant sa conception traditionnelle de la monarchie.

https://youtu.be/SirVlbgnjUk

     En l'an de grâce 2023 avec le couronnement du roi Charles III et de Sa Majesté la Reine les 14 millions de téléspectateurs français ont redécouvert les merveilles de la tradition monarchique. Tous les grands de ce monde se sont alors retrouvés à l'abbaye de Westminster pour assister chrétiennement à cette cérémonie religieuse, le couronnement n'étant pas constitutif de la royauté. Le prince de Galles est devenu Charles III lorsque la reine a rendu son âme à Dieu selon le principe de l'instantanéité de la succession royale et de la célèbre maxime "Le mort saisit le vif".
 

Le fils d’Elizabeth II « duc de Normandie » a ensuite traversé la Manche pour une visite d’Etat en France et un dîner dans la Galerie des Glaces du château de Versailles ponctué d’un toast d’Emmanuel Macron : « Il était difficile de vous recevoir ailleurs qu’ici, dans ce cadre dont le Grand Siècle avait fait un temple des arts, et dont la République fit un temple à l’amitié diplomatique. Les glaces qui ce soir renvoient votre image ont reflété jadis le visage de la reine Victoria, de Georges VI, d’Élisabeth II, et j’aime à penser que, quelque part, elles s’en souviennent un peu. Surtout se reflète aujourd’hui dans cette galerie des Glaces la densité des liens historiques entre nos deux pays, aussi ancestrale, aussi précieuse que ces murs – mais ardemment vivante, de la vie de tous ceux qui l’ont tissée et animée. … / … »

Le Président de la République amiénois a eu la délicatesse diplomatique de ne pas réveiller les blessures de l’histoire franco-britannique et de rappeler le jour où le roi Plantagenêt « débarqua le 6 juin » 1329 dans la cathédrale d’Amiens pour prêter hommage au roi de France. Edouard III n’avait reconnu Philippe VI que comme son vassal pour ses fiefs de Guyenne revendiquant par ailleurs la couronne de France en tant que petit-fils de Philippe le Bel. Il en fit un casus belli marquant officiellement le début de la guerre de Cent Ans.

Avant de quitter le royaume des lys, l'occupant a failli à sa réputation de gentleman en s'emparant d'un joyau de la Couronne de France. Comme le rappelle le Professeur Patrick Demouy dans l’article consacré au sacre du roi de France du beau-livre Reims, la grâce d’une cathédrale : « Dans le contexte de la guerre avec l’Angleterre, le texte insiste sur l’origine divine de la royauté et magnifie la tradition de l’épée. Déposée à Saint-Denis, ce manuscrit de luxe servit au sacre de Charles VI, le 4 novembre 1380, puis fut emporté…par les Anglais en 1424, alors qu’ils occupaient Paris ; il est maintenant à la British Library. »  

Puisse 2024, après 600 ans de « prêt », voir ce précieux livre « Trésor national » de retour en France.

Bonne fête de la Saint-Sylvestre,

Nicolas Chotard,

Président des Lys de France.

Le couronnement de la reine. Ses insignes sont semblables à ceux du roi, en plus petits. L'une des 40 miniatures extraite du livre du Sacre commandé par Charles V en 1365, aujourd'hui toujours "en dépôt" à la British Library de Londres.

Couronnement de Charles III

     Janvier 1066, Édouard le Confesseur, roi d'Angleterre, meurt. Sans descendance, Harold, son beau-frère, roi de Norvège, s'accapare sa Couronne, un casus belli pour Guillaume le Conquérant, duc de Normandie, désigné comme le successeur légitime. Le 14 octobre, à la Bataille d’Hastings le normand remporte la victoire et Harold tombe au champ d’honneur. Pour son couronnement, comme Clovis le jour de Noël mais de l’an de grâce 1066, Guillaume le Conquérant choisit l’abbaye de Westminster, là où fut inhumé Édouard le Confesseur, s’inscrivant d’une certaine manière symboliquement dans son héritage. Ainsi, le couronnement du roi Charles III et de la reine Camilla s’inscriront dans une tradition à l'origine…française. Charles III sera à l’abbaye de Westminster le 40e souverain à recevoir la couronne de saint Edouard "le Confesseur".
         La cérémonie du Couronnement est assez proche de celle du Sacre des Rois de France, les Plantagenêts (1216-1399) ne sont peut-être pas, non plus, étrangers à cet enrichissement. Elle se déroulera selon son rituel habituel, immuable depuis la nuit des temps :
            - La reconnaissance ;
            - Le serment ;
            - L'onction ;
            - L'investiture et le couronnement ;
            - L'intronisation et l'hommage.
         Si en France, selon la légende, la Sainte Ampoule est descendue du Ciel portée par une colombe lors du baptême de Clovis, en Angleterre, ce serait saint Thomas Beckett, archevêque catholique de Canterbury (1162-1170) qui lors de son exil en France, aurait reçu une fiole sainte de la Sainte Vierge. Malheureusement, depuis 1625, le reliquaire de l'Huile Sainte de Saint Thomas (Holy Oil of St Thomas) est vide. Pour y remédier, l'archevêque anglican de Jérusalem a consacré l'huile chrismale du couronnement en l'église du Saint-Sépulcre, Charles III sera alors oint avec ce Saint Chrême. L'onction fait intervenir le Saint Esprit qui descend sur le monarque lui apportant les 7 grâces requises pour être un bon souverain : sagesse, intelligence, conseil, force, science, piété et crainte de Dieu. 
          Charles III a apporté quelques évolutions au déroulement de la cérémonie qui ne sera plus uniquement dans « la langue de Shakespeare », le Veni Creator sera chanté en gallois, en gaélique écossais et en gaélique irlandais. Les attributs du pouvoir royal ou regalia (couronne, sceptre, orbe, ...) qui n'auront pas de signification chrétienne seront présentés par des pairs appartenant à d'autres religions : sikhe, musulmane, hindouisme et juive. L'hommage des pairs sera remplacé par un hommage populaire. Enfin, alors que son père, le prince Philip n'avait pas été couronné "roi" lors du couronnement d'Elizabeth II, sa mère, Charles III a souhaité que son épouse le soit. En France, le sacre de l'épouse du roi serait considéré comme moyenâgeux. En effet, 38 reines ont été sacrées en même temps que le roi, de 754 avec Berthe, épouse de Pépin le Bref à 1610 avec Marie de Médicis, épouse d'Henri IV.
         
           God save the King !
          
           Nicolas Chotard,

Président des Lys de France.

Pour suivre la cérémonie religieuse à la télévision, voici le livret de la liturgie du Couronnement

https://www.churchofengland.org/coronation/liturgy

La cérémonie du Couronnement sera présidée par le Très Révérend et Honorable Justin P. Welby, archevêque de Canterbury.

Marié, père de 5 enfants, il a eu la douleur de perdre une petite fille lors d'un accident de la route. Après une carrière dans l'industrie pétrolière en France, il est ordonné prêtre en 1992. Le 21 mars 2013, il est devenu le 105e archevêque de Canterbury. On retrouve dans son blason 3 fleurs de lys symbolisant l'idéal chrétien : la foi, l'espérance et la charité mais aussi en référence au sanctuaire de Notre-Dame de Walsingham, lieu d'apparition mariale où vinrent en pèlerinage les rois d'Angleterre et les membres de la famille royale jusqu'à Henri VIII, dernier roi catholique couronné, qui devenu "l'unique chef suprême de l'Église d'Angleterre" ordonna en 1538 sa destruction. 

L'archevêque de Canterbury se ressource depuis 30 ans dans sa propriété dans la Manche, une maison typique de la région avec au dessus de la porte d'entrée, dans une petite niche, une statuette de Notre-Dame de Pontmain, la cité mariale est située à proximité, en Mayenne au carrefour des 3 provinces : Maine, Normandie et Bretagne.

"Elle était déjà là quand nous sommes arrivés", c'est ainsi que "la Belle Dame" veille toujours sur la maison, sur l'archevêque et sa famille et probablement aussi sur un peu l'Angleterre.

Georges HABSBOURG

“Je crois plus en la Providence qu’en l’homme providentiel » par le Prince Louis de Bourbon, Duc d’Anjou

Interview de Louis de Bourbon, Duc d'Anjou

INTERVIEW – 

Alors que les élections présidentielles approchent et que le climat politique est de plus en plus effervescent, le Prince Louis de Bourbon a accepté de répondre à nos questions et de nous livrer la vision politique qu’il défend. Héritier de la monarchie capétienne, le Prince incarne un projet authentique et résolument transcendant ; il offre un regard neuf sur la res publica.

Extrait de l’entretien accordé par le Prince Louis de Bourbon

au journal La Fugue

https://www.lafuguejournal.com/l-homme-providentiel-interview?fbclid=IwAR2FANt22PC5aCYPRGI63wGM9p99Jt1yJuYy-9Z8W33kF8MgXQippsdvLwY

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