L'art de vivre à la Française

Livre du Sacre commandé par Charles V après la cérémonie, daté de 1365. Pris à Saint-Denis par les Anglais pendant la guerre de Cent Ans, il est toujours conservé à Londres.

Les pairs de France soutiennent la couronne au-dessus de la tête du roi, revêtu du manteau et tenant le sceptre et la main de justice (détruite à la Révolution française, elle était une particularité du sacre des rois de France, le roi d'Angleterre tenant quant à lui un orbe crucigère)

    On nous assène d'aller de l’avant, d’être moderne, « jeune », « qu’on n’est plus au Moyen-Âge »…et pourtant samedi dernier les rues et les magasins étaient désertés par les consommateurs, le consumérisme était soudainement « concurrencé » par un événement immatériel et religieux venu du fin fond de l'Histoire. 

Dans l’abbaye de Westminster, le cérémonial débuta par cet échange entre le Roi et un enfant : « Votre Majesté, comme enfant du royaume de Dieu, nous vous accueillons au nom du Roi des rois ». Humblement le Roi lui répondit : « En son nom, et à son exemple, je viens non pas pour être servi mais pour servir ». Une ode au Sacré et à la beauté vivante des valeurs chevaleresques et chrétiennes avec ses chants sacrés, ses invités parés de leurs plus beaux atours et son rituel traditionnel. Pour l'occasion, les joyaux de la Couronne avaient été sortis de la tour de Londres et le roi prit place sur son trône en bois du roi Edouard au design de 1307.

Sous la King Edward’s Chair se trouvait « la pierre du destin ». Selon la tradition de 847 à 1292 les rois d’Ecosse étaient sacrés debout sur la pierre. Mais, en 1296 Edouard victorieux l’emporta comme butin de guerre à l’abbaye de Westminster et elle fut placée sous la chaise du couronnement. Au lendemain de l’anniversaire du Prince Charles, le 15 novembre 1996, le Premier ministre John Major la livra au château d’Edimbourg la restituant ainsi au royaume des Highlands.

Gageons qu’il en sera de même en 2024 pour l’ordo de Charles V, cela fera en effet 600 ans que les Anglais l’ont « emprunté » au trésor du sacre des rois de France. Comme le précise Patrick Demouy, l’historien rémois spécialiste des Sacres : "le rituel du sacre est connu par les ordines. Un ordo est un livre liturgique contenant le texte des prières à réciter ou à chanter ainsi qu’une brève description des gestes et des attitudes à avoir. Déposé à Saint-Denis, ce manuscrit de luxe servit au sacre de Charles VI, le 4 novembre 1380, puis fut emporté... par les Anglais en 1424, alors qu’ils occupaient Paris ; il est maintenant à la British Library."        

         Nicolas Chotard,

Président des Lys de France.

Sur France 2, l'émission Orthodoxie avait enquêté sur l'évangéliaire slavon de Reims. Y avaient participé : Coline Gosciniak, conservatrice de la Bibliothèque Carnegie où est conservé le précieux ouvrage, Patrick Demouy, universitaire et historien de Reims, l'archevêque Job de Telmessos, Georges Magnier, directeur des musées de Reims et le Père Alexandre Siniakov, recteur du séminaire orthodoxe russe.

Selon la légende l'évangéliaire serait lié à Anne de Kiev (1024-1075) l'épouse d'Henri Ier, roi de France. Si la première partie de l'évangéliaire a bien été écrit en cyrillique dans sa lointaine contrée en Rous de Kiev, la seconde partie a été réalisée en 1395 au monastère d'Emmaüs près de Prague en alphabet glagolitique. Il serait arrivé à Reims au XVIe siècle et, posé sur l'autel, fut le témoin des sacres d'Henri III, Louis XIII, Louis XIV, Louis XV et Louis XVI. Sa présence à la cérémonie s'expliquerait par la richesse spirituelle de sa reliure où l'on retrouvait une relique de la Vraie Croix, disparue à la Révolution française. Lors de leur visite en France, on présenta l'évangéliaire à Pierre le Grand et Nicolas II.

https://pelerinage-orthodoxe-france.blogspot.com/2021/01/levangeliaire-slavon-de-reims.html

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