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Par ailleurs, je tiens à vous préciser que pour répondre à l’appel de Jean-Paul II et de Sa Sainteté Benoît XVI de promouvoir

 

Assis derrière le Prince Louis, le Baron Hervé Pinoteau

Jeudi 12, à 19 h, à Saint-Elisabeth de Hongrie, les fidèles de la Mémoire sont venus prier pour le repos de l'âme de Louis XVII, l'enfant-roi, mort martyr pour être né Prince héritier de la Couronne de France. S.A.R. le prince Louis de Bourbon, la Prince Charles-Emmanuel de Bourbon-Parme et Son Excellence le Comte Thierry de Beaumont-Beynac, Président de l’Ordre de Malte France, assistèrent à la messe présidée par Mgr Jean-Louis Bruguès, archevêque-évêque émérite d'Angers et actuellement archiviste et bibliothécaire de la Sainte Église romaine et concélébrée par l'Abbé Xavier Snoëk, curé de la paroisse

    

A la fin de la messe, un cortège se forma pour se diriger en procession vers la mairie du 3ème arrondissement de Paris, là où s'élevait la Tour du Temple, prison de la famille royale. Paul Meillon, le président méritant de l'association Marais-Temple, à l'initiative de cette manifestation depuis 10 ans prononça un discours. Il invita, en particulier, Pierre Aidenbaum, le maire à restaurer la plaque brisée. Elle a été apposée en 1989 par la municipalité.

 

Louis de Bourbon, Président de l'Institut Duc d'Anjou, Paul Meillon, Président de Marais-Temple, Laurent Legrip de La Rosière, Secrétaire-Général de l'Institut de la Maison de Bourbon.

Après ces cérémonies chargées d'émotions et de foi ardente en souvenir des victimes de la Révolution française, il était proposé un dîner au Procope, un haut lieu de la mémoire vivante...révolutionnaire ! Après avoir été accueilli dans le bas de l'escalier par Jean-Christian Pinot, Vice président de l'IDA, les invités pouvaient aller se recueillir devant le portrait de Robespierre, tyran sanguinaire, mort en juillet 1794 ou boire à la santé chancelante de Marat.    

 


               « Excellence,

Monsieur le Curé,

Mesdames et Messieurs,

Chers Amis,

 

À l’issue de ces deux cérémonies, vous avez souhaité que soit organisé un dîner pour terminer cette journée par une rencontre amicale, soyez-en remerciés. C’est une nouvelle occasion de me retrouver parmi vous tous, fidèles qui m’entourez depuis de si longues années et nous sommes très honorés que Monseigneur Bruguès ait pu se joindre à nous.

Je salue nos amis venus d’Amérique, où je serai au mois d’août pour commémorer saint Louis et la création de la ville de Saint-Louis du Missouri, il y a 250 ans par le roi Louis XV.

La soirée que nous vivons est solennelle puisque nous nous retrouvons autour du souvenir de saint Louis et de Louis XVII. Le Saint, roi à 12 ans et l’enfant roi, Martyr à 10 ans. Quel symbole ! L’un et l’autre, brutalement sortis de l’enfance et confrontés au meilleur et au pire. 

Avec saint Louis, dont est commémoré cette année, un peu partout en France et dans le monde, le 8e centenaire de la naissance, nous comprenons mieux ce qu’apporte à la royauté la religion vécue jusqu’à la sainteté. Elle a permis à Louis IX d’accomplir sa tâche de souverain en mettant toujours en avant les principes évangéliques que lui avait inculqués sa mère, Blanche de Castille. Être le roi de la justice ; celui de la paix entre les grandes principautés féodales ; celui de la protection des petits et des faibles ; enfin, celui de la charité qui s’est traduite par ses préoccupations sociales en œuvrant autant pour créer des hôpitaux que pour assurer aux veuves et aux orphelins des moyens de subsistance. Son souvenir est tel que, huit siècles après, il demeure un modèle honoré dans de nombreuses villes comme j’ai pu le constater tant à Poissy qu’à Aigues-Mortes ou à Paris, alors que ce sont des dizaines de villes qui ont programmé des commémorations cette année. 

Avec Louis XVII, nous plongeons dans un autre versant de la nature humaine, celle de la face honteuse d’une humanité qui a perdu tout sens des valeurs au point de laisser mourir un enfant de 10 ans dont le seul crime était d’être un fils de roi et son successeur légitime. 

Mais, malheureusement, si Louis XVII reste un symbole de l’enfance sacrifiée, ne faut-il pas reconnaître que son sacrifice n’a, à vue humaine, rien changé. L’actualité montre que les enfants sont toujours les innocentes victimes de la folie, de l’égoïsme ou de la perversion des adultes. Des enfants-soldats aux victimes des actes pédophiles, les enfants martyrs se comptent en milliers, en millions comme si bien souvent les adultes faisaient payer aux plus petits et aux plus faibles leur propre incapacité à agir pour le bien commun.

L’exact opposé du message multiséculaire de saint Louis ! 

Alors comment ne pas être amené à réfléchir ?

Y a-t-il un lien entre ce passé et notre avenir ? 

Il est dans la question des valeurs. Quelle société voulons-nous ? Cette question est celle de chacun d’entre nous. La question de la crise morale, que nos sociétés traversent, est souvent évoquée en France, mais aussi dans d’autres pays européens et notamment par le Saint-Père. Cette crise morale est celle de la perte de sens de nos sociétés. Nous avons su être à la pointe des progrès technologiques et scientifiques. Nous savons aller sur Mars ; nous pouvons voir l’infiniment petit. Les découvertes médicales nous étonnent chaque jour un peu plus. L’homme est capable de grandes choses ! C’est la face saint Louis, Bouvines, François 1er, Louis XV et Louis XVI... 

Et pourtant, notre société est confrontée au doute, au désenchantement qui frappe les plus jeunes, au découragement qui frappe les plus âgés. 

La différence se trouve dans le sens que nous donnons à la vie, à toute la vie. Dès qu’on la détourne du Bien commun et des devoirs que chacun a vis-à-vis de ses prochains et de ceux qui le suivront, la société tombe dans tous les pièges et dans tous les excès. Telle est la rançon des époques qui perdent le sens des valeurs. Souvenons-nous, en effet, que le martyre de Louis XVII ne fut pas un acte isolé - une erreur de l’histoire - mais qu’il accompagna le génocide des 500 000 Vendéens, les prisons de la Terreur et les nombreux guillotinés, et qu’il précéda les guerres qui firent plus d’un million de victimes et laissèrent la France exsangue. Spirale du malheur ! 

Que voulons-nous pour demain ?

Telle est la question que tous les rois se sont toujours posée. Quel est notre devoir, le vôtre, comme le mien ? Quelle est notre mission ? Pourquoi maintenons-nous une tradition ? En un mot, quel sens donnons-nous à la royauté en ce XXIe siècle ?

Je le dis souvent, il ne s’agit pas de regretter quelque époque passée qui, quoique nous fassions, ne reviendra pas. Il convient d’aller vers l’avenir. D’aider à le construire comme le roi Louis IX l’a fait. 

C’est ce que l’on attend de toutes les royautés. En Europe, c’est le régime de nombreux états et pour certains, nous savons combien il est important. Dans les pays qui l’ont abandonné, les crises succèdent aux crises et surtout, les peuples payent un lourd tribut comme en Iran, en Lybie, en Afghanistan. En 1989, lorsqu’il s’est agi de faire la transition entre le régime communiste et le monde libéral, plusieurs états avaient pensé à restaurer les antiques maisons royales, en Hongrie, en Roumanie, en Bulgarie. Il est sans doute regrettable que cela n’ait pas été réalisé, la transition aurait sans doute été facilitée. Les rois ont l’avantage de pouvoir symboliser leur pays, à travers toutes ses diversités et chacun peut s’y rattacher comme dans une famille tous les membres partagent les mêmes ancêtres. 

Mon devoir est donc de maintenir la flamme de l’espoir. Mais j’ai besoin, autour de moi, de personnes qui s’engagent, de jeunes et de moins jeunes qui ne soient pas des nostalgiques, mais qui aient envie de changer la société pour la faire progresser. C’est tous ensemble que nous réussirons. 

Alors, voyez-vous, si je dis cela, aujourd’hui parmi vous, c’est parce que souvent m’est posée la question sur ce que je fais. Il est vrai qu’il n’est pas simple d’être l’héritier de la tradition royale française et l’héritier de la tradition de saint Louis. Cet héritage, je l’assume. J’essaie d’appliquer dans ma vie familiale et professionnelle ces principes fondateurs. J’aimerais faire mieux pour l’enfance malheureuse en particulier et dans d’autres domaines aussi. Avec tous et notamment ceux de ma génération, prenons des initiatives. Tel est le devoir de l’héritier des Bourbons, de l’aîné des Capétiens. 

Merci. 

Louis, duc d’Anjou »

 


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